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Depuis l’avènement de la démocratie, les autorités maliennes ne cachent pas leur volonté de faire du secteur privé le moteur du développement du pays. Pour la réalisation de cette volonté, le Mali a mis en place plusieurs structures d’appui aux services des petites et moyennes industries et petites (PMI) et moyennes entreprises (PME).

Mais, aujourd’hui, ces structures sont très peu connues. Pour palier à cette insuffisance, le centre du secteur privé, dans le cadre de ses conférences trimestriels, a invité Mohamed Simpara, conseiller technique au ministère de l’économie, de l’industrie et du commerce, pour animer le thème sur: “Les structures d’appui et leur rôle dans le développement des PME-PMI au Mali”.

Mohamed Simpara a indiqué que la politique de privatisation des entreprises publiques a permis l’accroissement rapide du nombre des PME privées. Selon lui, aujourd’hui, le secteur industriel malien est composé à plus de 90% de PME privées.

Malgré les atouts de notre pays, le conférencier a estimé qu’un certain nombre de contraintes bloquent le développement des PME. Selon lui, certaines contraintes sont structurelles et d’autres sont le résultat des politiques et des pratiques du passé ou de la conjoncture politique régionale.

Au titre des contraintes, il a cité: l’étroitesse du marché avec un marché sous régional en voie de développement, le commerce extérieur basé sur un petit nombre de produits d’exportation, l’enclavement du pays qui provoque des coûts de transport extraordinairement élevés, la médiocre qualité des autres services de base malgré l’élévation de leur coût, l’insuffisance des ressources humaines et la résurgence des vieilles pratiques de l’administration d’avant l’avènement de la démocratie.

Face à toutes ces contraintes, il dira que l’État, dans la réalisation de sa volonté de faire du secteur privé le moteur de développement du pays, s’est vu dans l’obligation de soutenir les PME.

Selon lui, les missions sectorielles de promotion ont été prises par les ministères tels que les mines, l’agriculture, le tourisme, le transport, etc… Dans tous les cas, il a estimé que les structures d’appui aux PME apportent une assistance aux entreprises sous diverse formes.

Ce sont: l’assistance technique, la formation, l’information, la réalisation d’études pour la création d’un environnement propice aux affaires, les conseils en gestion, la mise en place d’un cadre de concertation entre les différents secteurs de développement et mise à disposition d’éléments de bonne gouvernance d’entreprises.

Mais, pour atteindre les objectifs stratégiques, il dira que le ministère de l’économie, de l’industrie et du commerce est appuyé par des structures intermédiaires États/ secteurs privé.

Il a aussi levé le voile sur le nom de quelques structures publiques d’appui aux PME . Le conférencier dira que de nombreux programmes d’appui au secteur privé malien ont été mis en oeuvre ou sont en cours d’exécution. Selon lui, on peut les classer en trois catégories.

Ce sont: l’assistance à la création d’entreprise et à la recherche de financement, la facilitation de l’accès des entreprises aux services d’appui en gestion, l’amélioration de l’environnement des affaires et le soutien aux organisations intermédiaires.

Mohamed Simpara a annoncé l’existence du programme décennal de développement du secteur privé (PDSP), dont l’objectif sera de définir les orientations stratégiques du gouvernement pour la promotion des investissements, l’amélioration des facteurs de production et le développement du secteur privé.

« Le gouvernement a décidé de surseoir à la mise oeuvre du PDSP qui sera inclus dans la loi d’orientation du secteur privé en cours d’élaboration », a-t-il indiqué.

Avant d’annoncer que l’appui technique au développement du secteur privé du Mali dans le cadre des accords de partenariat économique est un préalable à la loi d’orientation du secteur privé. Selon lui, cet appui technique vise à donner au secteur privé maliens, les moyens nécessaires pour qu’il devienne un acteur majeur de l’élaboration de ses propres stratégies.

Assane Koné

30 Mai 2008