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L’Appui à la femme et à l’enfance pour un développement durable (ADUFE) en collaboration avec le GIE Mali-Briquette a échangé, le samedi 6 octobre, au Centre de lecture des enfants de Niaréla, avec les femmes du quartier sur l’utilisation des briquettes combustibles à base de poussiers de charbon. Elles se sont montrées résolues à tourner la page de l’utilisation du charbon de bois.

Mme Dembélé Oulématou Sow, présidente de l’Appui à la femme et à l’enfance pour un développement durable (ADUFE) et Oumar A. Touré du GIE-Mali Briquette étaient les principaux conférenciers.

Le premier a tenté de démontrer que l’utilisation du charbon de bois constitue le premier facteur de déforestation, de rareté des pluies, de sécheresse et, par ricochet, de famine au Mali. L’oratrice de soutenir que pour un développement à long terme, le citoyen malien doit avoir une vision proactive.

C’est-à-dire, il doit pouvoir faire de son avenir ce qu’il veut qu’il pour lui. Mme Dembélé a interpellé les femmes à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la coupe abusive du bois pour la production du charbon. « Je vous demande d’utiliser les briquettes combustibles à base de poussiers de charbon. Comme toute œuvre humaine, le produit peut avoir des défauts, nous vous demandons d’attirer notre attention sur tout ce qui peut nous permettre de le perfectionner davantage » a-t-il déclaré.

Le second a, quant à lui, présenté la nature, les caractéristiques et les spécificités du nouveau produit fabriqué. Il a une forme concentrique avec une couleur noire. La matière de base du produit est le poussiers de charbon, la mélasse (liant), l’argile réfractaire.

Réunies sous le grand hangar, au Centre de lecture des enfants de Niaréla, avec à leur tête Astou Diop, présidente de l’Association des femmes pour la protection de l’environnement et Mme Diakité Assitan Simpara, présidente de comité de femmes, les femmes de Niaréla n’ont pas hésité à mieux s’informer sur le mode d’usage des briquettes combustibles avant de déclarer, à l’unanimité, qu’elles sont engagées pour l’utilisation du produit au détriment du charbon de bois qui est à la base de la sécheresse et la rareté des pluies et la famine.

Mme de Soumano Aïssata Diallo, ménagère de déclarer : »Moi personnellement j’ai fait l’expérience des briquettes combustibles depuis longtemps. Je vous avoue qu’à cause du manque d’information sur son mode d’usage, l’entretien, entre autres, je n’ai pas été satisfaite. Car au lieu de mettre les morceaux de briquettes sur le feu, moi j’ai fait le contraire. En outre, au lieu de mettre mon stock de briquettes à l’abri d’eau, je l’ai déposé dehors. Après une pluie au lieu des briquettes combustibles, je me suis retrouvé avec la poussière« .

Une autre femme d’appeler les femmes de Niaré à faire le reste de la cuisine du mois de carême sur les briquettes combustibles. « J’étais au Canada. Dans ce pays, je ne faisais que cuisiner avec ce produit. Si les Maliennes s’adonnent à l’utilisation des briquettes combustibles, cela aura sûrement un impact positif sur la lutte contre la coupe abusive du bois » a-t-elle laissé entendre.

A rappeler qu’au Mali, les ménages dépendent fortement des combustibles ligneux pour la satisfaction de leurs besoins en énergie. Environ 90% du bilan énergétiques proviennent des combustibles ligneux (bois, charbon de bois, résidus agricoles) dégradant fortement les ressources forestières à travers le prélèvement de bois.

Malgré tout, les efforts des services forestiers pour la protection de l’écosystème, l’utilisation du bois et du charbon de bois est en permanente progression. En 2005, la quantité du charbon de bois consommée à Bamako est estimée à près de 100 000 tonnes.

Abdoul Karim KONE

09 octobre 2007.