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La pauvreté familiale, l’échec scolaire, la peur de la famille, le divorce des parents et les disputes conjugales sont le plus souvent à l’origine de la vie dans la rue, qui fait embrasser un destin inconnu.

Les enfants de la rue à Bamako, vivent difficilement, souvent en liaison avec les stupéfiants et le crime. Les efforts déployés par certaines institutions pour les réintégrer dans des familles et dans des écoles sont faibles. Des experts affirment que le problème est vaste et qu’il prend racine dans la pauvreté et dans des circonstances sociales difficiles.

Abdoulaye a quitté son foyer et son école à l’âge de 17 ans pour vivre dans la rue. Il ne voulait plus assister au spectacle de sa mère luttant pour obtenir le pain quotidien de six petits-enfants, de la voir se battre pour pouvoir louer un taudis et pour payer les dépenses scolaires de son garçon.

«La rue n’est pas plus compatissante», dit Abdoulaye «C’est un mensonge ; mais au moins, elle n’aura plus à penser à mon quotidien à moi. Et entre-temps, je pourrais même peut-être l’aider». Abdoulaye porte des sacs remplis de légumes ou d’autres produits pour les clients d’un marché. De cette manière, il gagne quelques sous par jour, assez pour rapporter un peu d’argent lorsqu’il revient une fois par semaine au foyer maternel. Il peut même encore s’acheter les stupéfiants à bas prix qui l’aident à endurer sa souffrance.

Abdoulaye est l’un des enfants de la rue de Bamako, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Ils représentent une jeunesse sans toit, marginalisée, sans identité ou famille. Les trottoirs sont leurs seuls refuges, les marchés à l’entrée des boulangeries et restaurants leurs seuls oreillers.

Les «résidences» principales de ces enfants sont les ruelles de la capitale, la gare et les marchés de gros de fruits et légumes. Le marché leur donne la chance de travailler comme portefaix de gagner de l’argent pour acheter de la drogue. A la gare, ils peuvent obtenir quelques pièces de monnaie en aidant les passagers ou en demandant l’aumône aux touristes.

Selon les statistiques de certaines institutions de la place, la capitale compte 7000 enfants de la rue.

Les chiffres sont désuètes et incertains, néanmoins, parce que les enfants sans foyer ne restent pas à un seul endroit. Ils se déplacent d’un quartier à l’autre, à la recherche d’un nouvel abri temporaire. Ils fuient souvent une pauvreté affreuse.

Une stratégie doit être adoptée par nos autorités qui consiste à construire des centres pour abriter certains de ces enfants de la rue, et s’efforcer de les réintégrer dans le système scolaire et dans des familles. Mais le défi est immense.

Cet asile offrira l’hébergement, la scolarisation, la nourriture et éventuellement, l’intégration socioprofessionnelle.

La pauvreté a contribué à l’épidémie des enfants de la rue. Des situations sociales difficiles peuvent pousser l’enfant à vivre dans la rue et souvent, à chuter dans le monde des stupéfiants et du crime.

G.Destin

15 Janvier 2009