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L’Association des innovateurs pour le Conseil au développement (AICD), créée en 2004 et présidée par Moussa Kané, entend apporter sa contribution aux autorités maliennes pour la promotion de l’emploi, notamment de l’emploi des jeunes. Elle vient de proposer la création d’un fonds de crédit salarial pour la promotion de l’emploi à travers un programme quinquennal.

La promotion de l’emploi est aujourd’hui une préoccupation majeure des plus hautes autorités. Après son élection à la magistrature suprême, l’une des premières grandes initiatives d’Amadou Toumani Touré a été la création de l’Agence pour la promotion de l’emploi de jeunes (APEJ) qui est venue s’ajouter à l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE). C’est pour soutenir cette dynamique que l’Association des Innovateurs pour le Conseil au Développement (AICD), conformément à ses missions, vient d’initier un projet dit « Crédit salarial pour la promotion de l’emploi (CSPE)« .

Cette idée originale, qui va se concrétiser à travers un programme quinquennal, sera mise en œuvre en partenariat avec les structures étatiques chargées de la question de l’emploi et les partenaires financiers et techniques. Qui vont s’associer pour mobiliser un fonds. Selon les initiateurs du CSPE, ce fonds permettra d’apporter une aide financière à l’employeur, à renforcer les capacités de son entreprise pour pouvoir employer plus de demandeurs d’emplois pour une période de cinq ans renouvelable.

En fait, l’aide apportée aux chefs d’entreprises correspond à cinq années de salaire des demandeurs d’emplois. Le montant total dont bénéficie l’employeur dépendra du nombre de personnes qu’il est en mesure d’embaucher. Cependant, les fonds alloués à l’employeur sont remboursables pour permettre à d’autres d’en profiter.

Mais, pour prétendre à cette manne financière, l’employeur doit prouver sa régularité vis-à-vis du fisc et des services de sécurité sociale. Ainsi, comme le projet d’appui aux commerçants détaillants en exécution actuellement, ce programme permettra aux sociétés et établissements privés de sortir de l’informel en s’acquittant correctement des droits et taxes, de sécuriser les emplois ainsi créés car les travailleurs seront à l’abri des abus des employeurs et d’assurer leur immatriculation aux service de sécurité sociale.

Le président de l’AICD a expliqué que cette formule est une solution durable pour répondre à la problématique de la création d’emplois au Mali. Ainsi, en initiant un tel programme pour 2000 jeunes sans emploi, avec un salaire calculé sur la base de 75 000 F CFA par mois, le programme exigera une enveloppe de 9 milliards de FCFA en 5 ans.

Comme exemple type, un promoteur d’école privée, qui accepte d’embaucher un enseignant en chômage sur la base d’un salaire de 75 000 F CFA par mois, aura le montant correspondant à 5 ans de salaire de celui-ci.

Avec ce montant, il doit faire des investissements supplémentaires pour agrandir les capacités d’accueil de son établissement. A partir des frais générés par ses nouveaux élèves, il peut alors payer l’enseignant recruté et rembourser les montants alloués dans le cadre du programme.

« L’objectif de notre association n’est pas obligatoirement de mettre en œuvre toutes les initiatives que nous formulons. Nous laissons la latitude à toute personne ou à toute structure de les exploiter mais pour servir le Mali et non se servir soi-même« , a confié M. Fané.

Youssouf CAMARA

09 août 2007.