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Bien vrai que  » leur ami  » le président de la République Amadou Toumani Touré soit à Koulouba, la promotion des enfants n’est pas aussi reluisante comme bien nombre de personnes espéraient avant l’accession de l’actuel locataire de Koulouba au pouvoir. Cependant, un rapport rédigé par Dr Moussa Sissoko, le président de la Coalition des ONG africaines en faveur des enfants (CONAFE) adressé aux plus hautes autorités du pays revèle les zones d’ombre de la promotion des tout petits au Mali et suggère la création d’une Délégation Générale pour le Développement de l’Enfant.

Au Mali, la problématique du développement de l’enfant est à la fois d’ordre institutionnel et structurel. Elle est surtout consécutive à la non mise en vigueur du plan sectoriel de 2001 ; la faible coordination des interventions publiques et privées en faveur des enfants ; l’absence totale de structures de prise en charge ; la non-fonctionnalité des cadres de concertations et de coordination; la non visibilité des problèmes de l’enfant dans les différents secteurs ; au niveau décentralisé la problématique de l’enfance n’est pas une priorité des élus locaux » voilà, grosso modo, la teneur du rapport adressé aux plus hautes autorités du pays par Dr Moussa Sissoko, le président de la Coalition des ONG africaines en faveur des enfants (CONAFE). Et rapporteur du comité d’experts africains sur les droits et le bien-être de l’enfant de l’Union Africaine.

Ce rapport intitulé « axes d’orientation stratégique pour le deéveloppement de l’enfant au Mali » relève que la promotion des tout petits au Mali nécessite deux axes prioritaires: développement de la petite enfance et prise en charge transversale du développement de l’enfant dans les politiques sectorielles.

Le premier volet évoqué souligne, d’une part, la création d’une dynamique de mobilisation sociale au niveau des collectivités territoriales pour le développement des enfants. Cette composante vise à renforcer les capacités des acteurs dans chaque collectivité territoriale en vue d’une mobilisation des différentes parties que sont les ONG, les organisations religieuses, l’association des parents des enfants…. Ce qui permettra à chaque commune d’avoir un comité communal de prise en charge de la petite enfance.

Le second volet de ce premier axe repose sur la création des infrastructures de prise en charge de la petite enfance et de la prise en compte des initiatives en faveur des enfants dans les plans de développement communaux et dans le cadre de la coopération décentralisée. Il s’agira pour chaque commune rurale et urbaine, d’avoir un centre communautaire de prise en charge de la petite enfance et une garderie communautaire.

Le deuxième axe propose la prise en charge transversale du developpement de l’enfant. Ainsi, suggère t-il l’intégration des besoins des enfants dans toutes les politiques sectorielles et la mise en place d’un mécanisme de veille pour la prise en charge sectorielle de l’enfant.

Ledit rapport souhaite aussi la mise en place d’une Délégation Générale pour le developpement de l’Enfant au Mali (DEGEDEM). Ce dispositif institutionnel opérationnel auprès du président de la République sera un organe de coordination et de suivi des activités de prise en charge de la petite enfance et des politiques sectorielles.

« La DEGEDEM sera une délégation de pouvoir et de responsabilité afin de permettre au président de la République d’honorer ses engagements en faveur de ses amis enfants. La DEGEDEM n’entravera en rien la bonne marche du ministère de la promotion de l’enfant et de la famille » peut-on lire en fin dans le rapport.

Kassoum THERA

04 octobre 2007.