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En août 2006 à Bamako, le président vénézuélien, Hugo Chavez Frias avait promis de fournir du carburant au Mali. Près de deux ans après les Maliens attendent toujours la concrétisation de la promesse.

« Je suis métis. Mon père est noir comme Amadou », a dit le président vénézuélien, Hugo Rafael Chavez Frias au cours de sa visite en août 2006 à Bamako dans le cadre d’une tournée mondiale qui l’a conduit en Russie et au Vietnam.

Pendant son escale bamakoise, « le révolutionnaire », en compagnie du président de la République Amadou Toumani Touré, a parlé, promis, mais aussi signé des accords de coopération relatifs notamment à la suppression du visa entre le Mali et le Venezuela pour les titulaires de passeport diplomatique et un accord dans le domaine universitaire.

Sa visite de terrain l’a conduit à la Banque malienne de solidarité (BMS) et sur un des sites des logements sociaux (1008-Logements). Regardant les bâtiments et scrutant les plafonds, Chavez a apprécié : « Le président malien m’a dit que le gouvernement subventionne à hauteur de 50 % la construction de chaque logement social. Voilà, c’est la clé du développement.

C’est une initiative extraordinaire de votre gouvernement. Un bel exemple de lutte contre la pauvreté ». Séance tenante, il s’est engagé à aider notre pays à construire d’autres maisons pour les pauvres et qui portera le nom « Cité bolivarienne ». « Mon pays se chargera de fournir les matériaux de construction et équipements ».

La visite de Chavez a été sanctionnée par d’importantes promesses d’aides. Elles concernent le ciment, le pétrole et le social.

L’homme fort de Caracas a épaté les Maliens avec la promesse ferme de fournir le Mali en carburant, à hauteur de 100 millions de dollars. Difficile de douter à l’époque d’une telle déclaration émanant du président du Venezuela, ce pays d’Amérique du Sud qui dispose des réserves colossales de 315 milliards de barils, soit les plus grosses réserves mondiales d’or noir.

Mais c’était sans compter qu’en foulant le sol malien, Hugo Chavez avait à l’esprit que son pays était candidat à un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Et il comptait sur les voix du Mali et du Bénin. Dans ces conditions, difficile de refuser son appui à une puissance pétrolière.

Si le Bénin ne s’est pas prononcé immédiatement sur la question à l’époque, le Mali l’a annoncé officiellement par la voix du président ATT qui a donné son accord à son hôte dès leur premier tête-à-tête. « Si vous êtes au Conseil de sécurité, c’est exactement comme si le Mali y était ».

Cependant, force est de constater aujourd’hui, que deux ans après le passage du président de la République bolivarienne, le Mali n’a pas encore vu son pétrole et le citoyen lambda ne cesse de s’interroger sur la portée de l’engagement pris par le président vénézuélien qui avait semé l’espoir dans le cœur des Maliens.

Aujourd’hui, le prix du pétrole brut a atteint des niveaux record et l’une des solutions face à cette flambée est le développement de l’utilisation des biocarburants de par le monde.

Est-ce à dire que c’est parce Chavez cherchait le soutien malien à la candidature de la République bolivarienne à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies qu’il a fait cette promesse ?

Tout porte à le croire car, c’est en contrepartie de cette promesse que le Mali lui a apporté son soutien au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2007-2008. L’espoir suscité par Chavez de ravitailler notre pays en carburant s’étiole jour après jour et avec la flambée des prix des denrées alimentaires et des hydrocarbures, le respect de cette promesse paraît incertain.

Mohamed Daou

05 Juin 2008