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Les conséquences de la prolifération des armes légères sont multiples, les plus ultimes étant l’hypothèque de la survie même de l’Etat dans ses fonctions régaliennes et la sécurité physique des populations. Les impacts sont aussi visibles sur le plan économique, social et culturel.

Les impacts politiques

Les conséquences politiques de la prolifération des armes légères sont celles qui affectent directement la vie de l’Etat dans ses fonctions régaliennes et dans sa substance d’émanation du groupe organisé.

Ces conséquences politiques pourraient aller de la recrudescence et de la généralisation du grand banditisme armé à la rébellion armée d’un groupe dont l’objectif ultime, affirmé ou pas, est souvent le renversement du pouvoir légal.

Au Mali, l’une des conséquences les plus manifestes de la prolifération des armes légères a été la rébellion dans le Nord du pays qui a ébranlé l’édifice étatique, mis à rudes épreuves la cohésion nationale et plusieurs fois menacé de se transformer en guerre civile généralisée.

En dépit de la signature d’un pacte national, en avril 1992, elle a affaibli l’autorité de l’Etat et freiné le développement économique du Nord Mali. Par moments, elle a même fragilisé notre politique extérieure. Mais la force des valeurs culturelles et des traditions a pu contenir la rébéllion dans le septentrion.


Le grand banditisme

Outre la rébellion, on a assisté ces dernières années à la recrudescence du grand banditisme armé, l’apparition des gangs organisés qui constituent de véritables défis pour les services de sécurité dont les moyens sont forts insuffisants par rapport à l’ampleur du phénomène.

Face à cette situation, l’Etat malien a dû réagir en spécialisant certaines unités de la police et en organisant des opérations mixtes des forces de sécurité en direction d’axes de pénétration ou des nids de bandits armés et en démultipliant les postes de sécurité à l’intérieur du pays.

A l’insécurité due au grand banditisme armé qui a hanté pendant longtemps les nuits des Maliens et mis à rudes épreuves les forces de sécurité, se sont ajoutés de violents conflits armés communautaires qui ont ébranlé les fondements de la société, notamment dans le Nord.

La détention d’armes à feu par les divers protagonistes donne, en effet, à chaque partie la présomption d’une position de supériorité qui peut le dédouaner de laborieuses négociations. Au Mali, les tensions communautaires n’ont jamais atteint le degré de violence de ces dix dernières années.

Certains conflits menacent toujours de perdurer, et de s’étendre au risque de déstabiliser la situation politique et économique des régions concernées si l’autorité centrale n’intervient pas à temps pour mettre fin aux hostilités et faire renouer le dialogue entre les belligérants.

Il est certain que la prolifération des armes légères n’est pas étrangère à la tentation de prolonger et de régler certaines situations conflictuelles par la violence.

Les conséquences économiques et sociales de la prolifération des armes légères sont encore plus destructrices.


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

30 Mai 2008