Partager

Le Mali a mis en œuvre plusieurs programmes et projets de développement durant les 5 dernières années avec l’appui sans cesse croissant des partenaires au développement, orientés vers la réduction de la pauvreté, mais dont l’impact en terme de résultats sur les populations en général et les enfants en particulier demeure encore limité.

Selon un document intitulé « pauvreté des enfants et inégalités au Mali », bien que la part d’allocation budgétaire de l’Etat aux secteurs sociaux demeure faible au regard des engagements régionaux et mondiaux (10,6 % pour la santé par rapport à l’objectif de 15 % d’Abuja, 17 % pour l’éducation par rapport à l’objectif de 20 % du sommet social de Copenhague), le gouvernement malien fait preuve d’une grande volonté dans le financement effectif des interventions en matière de santé et d’éducation (achat de vaccins, financement des campagnes, subventions pour les fournitures, manuels scolaires et personnels contractuels, etc.)

Malgré tout, force est de constater qu’aujourd’hui, les résultats d’analyse ont
permis de mettre en exergue la complémentarité entre les méthodes monétaires et celles de privatisations dans la caractérisation des enfants pauvres. En réalité, les deux méthodes ont confirmé le niveau élevé de l’incidence de la pauvreté des enfants au Mali.

Si la pauvreté monétaire ne touche qu’un enfant sur deux (50 %) au Mali, par contre 8 enfants sur 10, soit 85 % sont affectés par la sévérité des privations.


Aussi, la pauvreté et les privations des enfants au Mali sont un phénomène qui touche beaucoup plus le milieu rural comparé au milieu urbain.

« Par rapport à la répartition géographique, Bamako est la seule région où la pauvreté et les privations des enfants sont assez faibles. Par contre, dans les autres régions, l’approche monétaire montre que Sikasso est la région où vit la plus grande proportion d’enfants pauvres avec 81 %, suivie des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Mopti. La seconde approche montre que les enfants sont plus affectés par les privations, particulièrement dans les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal où 8 à 9 enfants sur 10 sont affectés par la sévérité et 5 à 7 enfants sur 10 par la privation absolue » , note le document.

A la lumière des données, il apparaît qu’en matière de survie des enfants, la situation reste très préoccupante avec un niveau de mortalité des enfants de moins de 5 ans très élevé au Mali même si l’on observe une légère tendance à la baisse du taux de mortalité infanto-juvénile, qui est passé de 229 pour 1000 d’après l’EDS 2001 à 191 pour 1000 selon EDS 2006.

« Il est peu probable que notre pays puisse atteindre l’objectif de 83 pour 1000 à l’horizon 2015 si le rythme actuel de réduction annuelle de 3,4 % est maintenu » , tranche le document qui ajoute que durant les 5 dernières années, la réduction du taux de mortalité infanto juvénile (de 17 %) pour l’ensemble du pays) a davantage bénéficié aux enfants des ménages non pauvres qu’à ceux des ménages pauvres : 19 % de réduction pour les riches et 6 % de baisse pour les pauvres.


Idrissa Sako

14 Mai 2009