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Pour prévenir et mieux lutter contre ces prédateurs, notamment les criquets pèlerins, un atelier régional du projet africain de lutte d’urgence contre les criquets pèlerins (PALUCP) a débuté hier à l’Hôtel Salam. Cet atelier qui va permettre de faire le point d’exécution des mesures de compensation des populations affectées par l’invasion acridienne survenue en 2004 et des questions environnementales a regroupé sept pays de la sous-région signataires dudit projet.

Cet atelier qui va se dérouler du 7 au 11 avril 2008 dans notre capitale fait suite à la première rencontre abritée par la République Islamique soeur de la Mauritanie sur la revue à mi-parcours des activités du projet tenue en décembre 2006.

La cérémonie d’ouverture était présidée hier par le ministre de l’Agriculture du Mali, Pr Tiémoko Sangaré, assisté par le représentant de la Banque mondiale au Mali, M. Alassane Diawara. On notait la participation des représentants de la FAO, de la CLCPRO, de l’Union Européenne et des coordinateurs du projet des différents pays, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad, de la Gambie, du Sénégal, du Burkina Faso et du Mali.

L’OBJECTIF DE L’ATELIER

Cet atelier régional a pour objectif de passer en revue les principales activités prévues depuis la revue à mi-parcours du projet, d’apprécier les progrès réalisés et de s’entendre sur les priorités à mettre en oeuvre pour atteindre l’objectif du projet avant sa clôture.

En effet, ce projet dont il est question a été l’initiative de la Banque Mondiale suite à l’appel lancé par les Etats membres lors de l’invasion acridienne sans précédent survenue d’urgence entre septembre et décembre 2004.

Le représentant de la Banque Mondiale dira que pour répondre à cet appel, sa structure a mis à la disposition des pays un crédit IDA de 60 millions de dollars comme contribution. Il a rappelé que l’objectif du projet est de prévenir les invasions actuelles et futures des criquets pèlerins, de contribuer à l’appui de l’expertise technique et des commissions nationales et celle de la FAO.

Il s’agira également de stimuler l’assistance d’autres bailleurs de fonds enfin de stopper et de mieux renforcer les capacités institutionnelles et techniques des équipes des Etats contre ce fléau acridien. Il faut aussi, dira-t-il, soutenir les populations rurales affectées afin de surmonter les capitaux productifs des agriculteurs et éleveurs. Enfin, les Etats doivent aller vers la coordination régionale des pays membres et avec ceux de la région Maghrébine en collaboration avec la FAO et la CLCPRO.

Par ailleurs, M. Diawara a indiqué que les pays sont également préoccupés par les problèmes d’insécurité dans les zones de reproduction du criquet pèlerin qui rendent difficile voire impossible la lutte préventive. Par conséquent, il a invité les pays à envisager toutes les solutions de surveillance de ces zones.

LA DISPONIBILITE DE LA BANQUE MONDIALE

Le représentant de la Banque Mondiale a souligné que sa structure ne ménagera aucun effort pour appuyer les gouvernements en faveur des opérations de développement. Une initiative d’accompagnement des Etats pour réaliser cet objectif ambitieux est de faire de ce projet un dispositif efficace de réponse à un problème récurrent, mais prévisible et maîtrisable à condition que les ressources humaines et matérielles soient bien utilisées. “L’enjeu est de taille, mais ensemble, on doit y arriver”, a-t-il conclu.

LE PALUCP EN COHERENCE AVEC LE PDES

Quant au ministre de l’Agriculture, il a précisé que le PALUCP est en cohérence parfaite avec les Objectifs du Programme de Développement Economique et Social (PDES) du président de la République. Un programme en l’occurrence qui est axé sur une agriculture moderne compétitive et durable conformément à l’esprit de la Loi d’Orientation Agricole (LOA) dont le Mali s’est doté en 2006.

Le Pr Tiémoko Sangaré a souligné que le PALUCP a permis de mettre en place des équipements scientifiques de prospection, de lutte, de renforcer la capacité du personnel, de réaliser les infrastructures et d’appuyer les populations victimes d’un montant de 1 milliard de F CFA.

L’année 2008 verra la réalisation de micro-projets d’une valeur de 400 millions de F CFA de la base d’intervention de Gao et de 3 points d’appui pour un montant de 1 milliard de F CFA. Il est également envisagé la mise en place d’un fonds d’urgence de l’ordre de 1 milliard et d’un plan de gestion des risques.

Le ministre a expliqué enfin que pour pérenniser les activités de gestion contre les criquets, notre Etat vient de créer un centre national de lutte contre le criquet pèlerin avec la dotation d’un crédit de 600 millions de F CFA sur le Budget d’Etat en vue de faire face à la recrudescence et ou l’invasion avant l’appui extérieur.

D’autres activités ont permis d’aboutir à la gestion des emballages et des stocks de pesticides, la promotion des bio pesticides, le suivi environnemental et sanitaire, les renforcements de capacités.

LES RESULTATS ATTENDUS

Selon le ministre, les résultats attendus de cet atelier sont des propositions et recommandations concrètes sur la gestion des pesticides obsolètes, la recherche et l’application des bio-pesticides, la définition du mécanisme de création d’un fonds d’urgence.

Il s’agit ainsi d’élaborer et de mettre en oeuvre un plan de gestion des risques collatéraux liés à l’utilisation des pesticides, le définition et la proposition des prochaines étapes pour mieux gérer l’après-projet et enfin la proposition d’un mécanisme durable et consensuel d’aide aux populations éventuellement victimes d’invasions acridiennes, en conformité avec nos législations et règlementations.


Hady BARRY

08 avril 2008.