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Actuellement, le fleuve le plus grand d’Afrique de l’Ouest qu’est le Niger est confronté à de graves menaces liées aux changements climatiques et à l’impact des actions anthropiques qui entachent son devenir (chute du débit, érosion des berges, ensablement, les plantes nuisibles). Pour circonscrire cette situation critique, une solution collective est nécessaire à plusieurs échelons. C’est sur le plan local que le projet Niger-Loire se propose d’intervenir en ciblant les collectivités et les communautés vivant au bord du fleuve. Cette information a été donnée le vendredi 8 au au siège du Bureau Multi, pays de l’UNESCO sis à l’ACI 2000.

En effet, le projet Niger-Loire est une initiative de l’UNESCO financé par la Commission Européenne sur une durée de 3 ans (de janvier 2008 à décembre 2010). L’objectif de la conférence était de faire le bilan à mi-chemin du projet. Les conférenciers étaient, entre autres, Bandjoukou Diawara, chef du projet Niger-Loire composante Mali et Emmanuel Robert, chargé de la gestion du patrimoine au siège mondial de l’UNESCO à Paris.


La valorisation des cultures du fleuve

Selon Bandjoukou Diawara, le projet vise à appuyer la formation des collectivités locales, les chargés de la gestion de l’eau et de l’assainissement dans le cadre de la décentralisation, à sensibiliser les communautés riveraines à la sauvegarde du fleuve et à favoriser une évolution des comportements vis-à-vis du fleuve et de la gestion de la ressource en eau.

Faut-il le rappeler, le projet s’appuie sur une coopération “de fleuve à fleuve” entre le Niger et la Loire qui est un fleuve français, qui a été inaugurée en 2005 par la charte Loire-Nigner signée en Angers. Cette coopération originale mobilise à la fois des collectivités locales riveraines du Niger et de la Loire, engagées dans des accords de coopération décentralisée et des universités ou établissements techniques de Val de Loire (Université de Tours, Université Catholique d’Angers, Agence de l’eau Loire Bretagne) intervenant auprès de leurs homologues au Mali (Université de Bamako ABFN…).

Dans le volet promotion des cultures du fleuve, le chef du projet ajoute que le projet vise à explorer et valoriser les cultures des populations qui habitent le long du fleuve à travers des travaux d’enquête et de recherche. Il s’agit de mieux comprendre les comportements actuels des populations, de revitaliser certaines pratiques ou savoir-faire traditionnels mieux adaptés à la sauvegarde de la ressource en eau et de façon plus générale, encourager les riverains à se “réapproprier le fleuve” et mieux en exploiter les ressources. Il s’agit aussi d’un travail de mémoire, dans l’anticipation des profondes mutations que le fleuve sera amené à connaître dans les décennies à venir du fait des aménagements hydrauliques programmés en amont.


Mieux connaître le fleuve

La collecte d’informations sur le fleuve et ses populations est l’un des enjeux majeurs du projet.De ce fait, il sera question de favoriser une meilleure prise en compte des pratiques et cultures des populations riveraines dans les questions liées à la gouvernance du fleuve.

Les enquêtes permettront d’alimenter la formation des collectivités, les supports de sensibilisation des populations et les actions pilotes. Aux dires de M. Diawara, les actions pilotes de gestion de l’eau et de l’assainissement sont mises en oeuvre dans des collectivités riveraines du fleuve.

Dans ce chapitre, une action de réhabilitation du port de Mopti est en cours, à la demande de la commune urbaine de Mopti dans le cadre du projet d’extension du port porté par la ville depuis plusieurs années. L’enjeu est la revitalisation économique de ce port de pêche situé dans une zone carrefour mais aujourd’hui en déclin dans un contexte marqué par la diminution de la réserve halieutique (qui ne suffit plus à répondre aux besoins de la population) et la construction planifiée par le gouvernement malien d’un autre port en amont.

Outre l’amélioration du fonctionnement du port (assainissement, amélioration de la circulation) et le développement de ses activités, cette opération pose donc la question de la redéfinition de sa vocation principale (pêche, tourisme ou autres activités économiques…).

En dehors de la réhabilitation du port de Mopti, des actions telles que l’amélioration de l’adduction en eau à Moribabougou, la création d’un site de regroupement des teinturières à Bamako, l’amélioration de l’assainissement à Djenné, la mise en place d’une maison du fleuve à Ségou, la réalisation d’un centre de transfert des déchets à Bamako… sont en cours.

Les autres axes majeurs du projet Niger-Loire seront l’appui à la formation des collectivités locales et des usagers et la sensibilisation des populations. Le projet Niger-Loire qui a une durée de vie de 3 ans, est dite d’une cagnotte financière de 2,3 milliards de F CFA.

Mamoutou DIALLO

11 Mai 2009