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Cette volonté de modernisation se poursuivra dans les années à venir. En effet, plusieurs projets programmés ou en cours de réalisation vont totalement métamorphoser la capitale.

Le projet le plus emblématique est, bien entendu, le futur troisième pont de Bamako avec ses voies d’accès. Mais cet ouvrage ne doit pas faire oublier une autre infrastructure d’envergure dont bénéficiera la capitale, le futur échangeur complexe qui sera construit au niveau du Monument de la paix. Le financement de ce projet est depuis hier au centre d’une table ronde entre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers.

La cérémonie d’ouverture de la rencontre qui se tient à l’hôtel Laïco El Farouk était présidée le Premier ministre, Modibo Sidibé. « Nous tendrons une oreille très attentive aux conclusions de vos travaux qui, je l’espère, seront fructueuses« . En ouvrant les travaux, le chef du gouvernement faisait ainsi savoir l’importance que le gouvernement accorde à ce projet et l’espoir qu’il place en la présente table ronde.

Pour le financement de l’échangeur et ses voies d’accès, le gouvernement entend mobiliser auprès de ses partenaires environ 20,6 milliards de Fcfa. Ce montant inclut le coût global des ouvrages à réaliser, qui est estimé à 17,7 milliards de Fcfa, la charge des indemnisations estimées à 870 millions de Fcfa et le déplacement du réseau d’eau d’Énergie du Mali, estimé à 944 millions. Ces explications ont été fournies par le ministre de l’Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga.

Le chantier porte sur l’aménagement d’un échangeur dit complexe au niveau du Monument de la paix en face du Mémorial Modibo Kéïta.

Le projet en imposera par ses dimensions. Il comprend en effet 4,26 kilomètres d’ouvrages de voiries, 4 ouvrages d’art, l’élargissement à quatre voies de la section urbaine de la route nationale 5 sur une longueur de 4 kilomètres (du Monument de la paix au pont « Woyowayanko »), le réaménagement en quatre voies de l’avenue Kwamé N’krumah sur un tracé linéaire de 1,110 kilomètre, deux passerelles sur l’avenue de l’OUA et la voie qui va à l’aéroport en passant par Sabalibougou et Kalaban-Coura.

La réalisation de cet échangeur complexe est une priorité pour le gouvernement et s’inscrit dans le cadre de la modernisation et de l’amélioration du cadre de vie dans la capitale. L’infrastructure permettra évidemment d’améliorer nettement la circulation routière dans le district de Bamako, de sécuriser les usagers et de fluidifier le trafic à l’intérieur de la ville. Elle contribuera, grâce à une mobilité des facteurs de production à moindres coûts, au développement économique et social du pays.

D’innombrables bouchons :

La construction de cet échangeur s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement économique et social (PDES) du président de la République et du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP). En effet, dans le PDES, Amadou Toumani Touré a accordé une place de choix au développement des infrastructures.

Le site communément appelé rond point de la Colombe ou de la Paix est situé à l’intersection de la RN5, reliant notre capitale à la Guinée et de la route qui mène à l’aéroport de Bamako Senou. Depuis son entrée en service, il est devenu un important carrefour de transit pour les nombreux usagers de la capitale. Rançon de son incontournabilité, il est soumis à un intense trafic routier avec d’innombrables bouchons aux heures de pointe.

Parfois les files de véhicules peuvent atteindre 1500 mètres linéaires, a expliqué le ministre des Finances Abou-Bacar Traoré, dans son intervention. Le ministre Traoré s’est félicité de la présence massive des représentants de la communauté des bailleurs de fonds, conduite par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Cette institution bancaire sous-régionale est représentée à la rencontre par son vice-président, notre compatriote Issa Coulibaly. Celui-ci a estimé que le soutien de la banque communautaire à ce projet est la traduction concrète de son engagement à soutenir le développement économique et social des États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont elle est l’émanation.

Il s’agit aussi de renforcer l’intégration sous-régionale. Selon Issa Coulibaly, dès le départ, la BOAD a cru à la pertinence de ce projet. Car celui-ci a un caractère intégrateur et structurant avec des déclinaisons économiques et sociales très appréciables.

C’est pour cela que la Banque a accepté non seulement de financer les études de faisabilité du projet pour 320 millions de Fcfa, mais aussi d’assurer pour la deuxième fois consécutive le rôle de chef de file des bailleurs de fonds, après celui de la table ronde des bailleurs de fonds de la Route du poisson (route Bandiagara-Bankass-Koro-frontière du Burkina Faso), tenue l’année dernière à Bandiagara.

Issa Coulibaly a informé qu’à la date du 30 juin 2008, la BOAD a engagé au profit de notre pays environ 60 milliards de Fcfa dans le seul domaine des infrastructures routières. Ces interventions ont concerné des voies urbaines, comme la voie express Faladié – Pont des martyrs, la route d’accès à Sotuba, l’avenue de l’Indépendance, les échangeurs aux carrefours Babemba et du Musée national ainsi que leurs bretelles de raccordement.

Elles ont porté aussi sur des grands axes structurants parmi lesquels le bitumage de routes : Bamako-Dakar par le sud, Bamako-Kankan, Markala-Niono, Bougouni-Sikasso. La dernière intervention en date est la mobilisation du financement de la route Bandiagara-Bankass-Koro allant jusqu’à la frontière avec le Burkina Faso.

Les travaux de la table ronde prennent fin cet après-midi.


A. O. DIALLO

22 Juillet 2008