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Les retraités sont montés au créneau hier à la Maison des jeunes de Bamako pour crier leur ras-le-bol en ce qui concerne le traitement qui leur est infligé par rapport à leurs pensions. C’était à la faveur d’une conférence organisée par la Fédération Nationale des Associations de Retraités de la Fonction Publique du Mali (FNAR).

«Depuis plus de 40 ans, le sentiment d’injustice, de méfiance caractérise les relations des retraités avec la Caisse des Retraités du Mali (CRM), ses gestionnaires et aussi l’Etat lui-même. Ainsi, pendant 40 ans, la revendication de la sécurité sociale n’a pas atteint ses objectifs et les retraités, en l’occurrence, les personnes âgées continuent de se battre pour la reconnaissance de leurs droits. Un black-out total et concerté s’est fait autour des questions de retraites. Ni les syndicats, avant et après les événements de mars 91, ni les partis politiques, depuis l’ouverture politique, n’en font ni une doléance, ni une préoccupation, ni une revendication. Tout, en somme, concourait à maintenir les retraités dans un état d’oubliés, à les abandonner à leur propre sort». Ainsi s’exprimait le président de la FNAR dans son introduction liminaire.

A travers ce point de presse, les retraités du Mali voulaient dénoncer certains points du projet de loi portant code des pensions des fonctionnaires civils, militaires et des députés. Selon eux, ce projet de loi adopté en conseil des ministres le 20 février dernier risque de porter atteinte à la sécurité sociale des retraités. Il s’agissait donc pour la FNAR d’interpeller les syndicats, notamment l’UNTM et la CSTM qui n’ont rien fait pour approcher les retraités, les partis politiques et les gouvernements pour leur rappeler que le combat pour la retraite est d’abord leur combat. «C’est le combat pour l’avenir immédiat. Ils se doivent de l’inscrire en bonne place dans leurs priorités, leurs préoccupations et leurs revendications», a martelé le président de la FNAR.

Pourtant, la Fédération nationale des associations de retraités de la fonction publique du Mali avait entrepris les démarches nécessaires. En effet, avant la publication du compte rendu du conseil des ministres du 20 février 2008, au sujet du projet de loi portant code des pensions des fonctionnaires civils, militaires et des députés, la FNAR avait, en temps opportun, adressé des lettres exprimant les inquiétudes et préoccupations des retraités au ministre du développement social, de la solidarité et des personnes âgées, au premier ministre et au président de la République. A en croire les conférenciers, toutes ces correspondances sont restées sans suite. Les différentes autorités sont restées sourdes et muettes.

«Nous ne devons pas à l’Etat, c’est plutôt l’Etat qui nous doit», a laissé entendre un sexagénaire. «J’ai l’impression que nous appartenons à une autre planète. Où est passé l’humanisme soudanais dont on se vante dans notre pays ? Nous sommes aujourd’hui vieux. Malgré tout, nous nourrissons de grands enfants. Et, si nous ne sommes pas dans nos droits comme il se doit, que deviendront ces enfants ? Pendant ce temps, certains sont en train de piller les deniers publics de notre pays pour alimenter les banques occidentales. Cela est inacceptable», a fulminé Sidiki Diabaté, membre de la FNAR.

Certains membres de la FNAR ne comprennent pas que l’on dise que la Caisse des retraites du Mali a aujourd’hui des difficultés. C’est pourquoi ces retraités réclament tout simplement l’audit de cette Caisse.
Tout porte donc à croire que les retraités du Mali n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin dans leurs revendications.

Bruno Loma

04 avril 2008.