Partager

La salle de conférence de la Maison des Jeunes a refusé du monde, le 3 avril 2008, à l’occasion d’un point de presse tenu par les retraités du Mali. C’était en présence des militants de l’association.

Ce point de presse avait pour but d’informer l’opinion nationale et internationale sur le nouveau projet de réforme du code des pensions des fonctionnaires civils, des militaires et des députés.

Dirigée par Thiambal Sissao, assisté de Sinaly Sidibé, respectivement président et secrétaire administratif de la fédération, cette rencontre avec les hommes de médias a permis au président d’attirer l’attention de chacun sur le différend qui oppose la fédération au le ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées.

Avec l’adoption du projet de loi portant code des pensions des fonctionnaires civils, militaires et des députés par le conseil des ministres du 20 février 2008, le président dira que lui et ses camarades ont été surpris de voir une nouvelle mesure : “Avant cette nouvelle mesure, nous avons auparavant adressé des lettres exprimant nos inquiétudes et préoccupations aux Excellences M. le Premier ministre, le ministre du Développement Social et le Président de la République”, a-t-il déclaré.

Pourtant, selon Sinaly Sidibé, “depuis plus de 40 ans, le sentiment d’injustice, de méfiance, caractérise les relations des retraités avec la Caisse des Retraités du Mali, ses gestionnaires et aussi l’Etat lui-même”.

Ainsi, dira le conférencier, l’attitude des responsables de la caisse des Retraités du Mali témoigne “de la maltraitance, de la marginalisation, de l’exclusion, de la non prise en compte” de leurs besoins et de leurs paroles dans les décisions qui concernent les retraités et surtout “du manque de respect et de considération dont le 3è âge fait l’objet. Cela prouve que la CRM refuse de reconnaître nos droits et cette volonté affichée est patente”.

Rappelons que le projet de loi du code des pensions des fonctionnaires civils, des militaires et de députés adopté le 20 février 2008 avait apporté certaines réformes sur l’indexation des revalorisations de pension sur l’évolution des prix à la consommation et non sur les retraites ; la suppression de la majoration pour famille nombreuse en ce qui concerne les enfants de plus de 25 ans et la non réversibilité de ces droits aux veuves ; la liquidation de la pension sur la base de la moyenne des rémunérations brutes des cinq dernières années au lieu du dernier traitement indiciaire ; la suppression des allocations familiales en ce qui concerne les enfants nés après la radiation des cadres, la jouissance différée de la pension de réversion aux veuves sans enfants à l’age de 45 ans. Ce qui n’est pas du goût de la fédération des retraités.

Selon Sinaly Sidibé, il faudrait maintenir purement et simplement des dispositions de l’ordonnance 79/7 CMLN du 19 janvier 1979 notamment à ces articles 23 (l’institution de la majoration pour famille nombreuse) et 53 (les pensions et primes d’invalidité sont de plein droit révisé en cas d’augmentation du traitement indiciaire des fonctionnaires en activité) et 30 (la révision de la pension prend effet à compter de la date de signature de l’acte de régularisation dans ses alinéa 2 alors que l’alinéa 1 soumet l’employeur et le fonctionnaire au reversement des cotisations correspondantes).

Ainsi dira un intervenant le fait de retirer le bénéfice de ces dispositions de l’ordonnance 79/7 CMLN du 19 janvier 1979 les lèse tout simplement. “Pourquoi nous refuser cela et ensuite nous promettre des augmentations possibles seulement tous les 5 ans? C’est une manière de nous spolier de nos avantages si durement acquis”, a-t-il ajouté.

Au cours de ce point de presse, le président Thiambal Sissao a fustigé la mauvaise gestion des fonds de la caisse par les responsables actuels. Selon lui, il n’y a pas de crise de trésorerie. Certes la fédération a demandé la décentralisation et la déconcentration des structures de la caisse du retraité du Mali (CRM) afin de rapprocher la caisse des retraités, mais pas au point de dilapider les fonds.

Ainsi, les conférenciers accusent les responsables de la CRM de procéder à des constructions onéreuses au niveau des capitales régionales et des soldes et primes faramineux pour les seuls travailleurs recrutés par la caisse. Ils se plaignent aussi du budget de fonctionnement et des larges générosités des responsables de la caisse dont ils ignorent le montant d’ailleurs.

En tout cas, tout ce qui préoccupe actuellement la fédération, le maintien pur et simple, des dispositions de l’ordonnance 79/7. Sans cela, c’est l’accentuation des soucis matériels et moraux des retraités. Ils invitent l’Etat à intervenir pour que suite favorable soit donnée à leurs doléances, gage de stabilité et de la sérénité des retraités qui ont tout donné à ce pays.

Sadou BOCOUM

04 Avril 2008.