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Les Maliens se préparent à vivre pour la quatrième fois de leur histoire des élections présidentielles et législatives dans un contexte démocratique. A cinq mois des échéances, les inquiétudes et les interrogations se multiplient au sujet de l’organisation des élections. Qu’est-il du coût de ces élections ? Réponses.

Les Maliens se souviennent encore de la crise politique de 1997 qui a pris sa source dans la mauvaise organisation des élections législatives par le gouvernement de Ibrahim Boubacar Kéïta, actuel président de l’Assemblée nationale.

Une crise qui a failli conduire le pays à la catastrophe. En 1997, le gouvernement d’IBK avait attendu les derniers moments pour à l’organisation des élections. La suite, vous la connaissez, même si le pire a été évité. Le gouvernement de Pinochet tend-il vers cette fâcheuse expérience ?

Peut-on organiser de bonnes élections dans la précipitation ? Le suspens a trop duré sur le calendrier électoral. Mais il vient d’être adopté par le Conseil des ministres du 8 novembre c’est-à-dire à cinq mois des élections générales.

Pendant qu’ailleurs, certains pays publient leur calendrier électoral à venir immédiatement à la fin d’un processus électoral. Pourquoi le gouvernement a maintenu le suspens autour du calendrier électoral ?

Aussi, le langage que tiennent certains responsables des instances électorales sur les budgets électoraux de leurs structures, n’est pas rassurant.

L’arbitrage budgétaire semble en effet bloquer les instances dans leur évolution, même si les responsables tentent de cacher l’évidence.

Le président de la toute nouvelle CENI, Fodié Touré et le Directeur adjoint de l’Intérieur M. Sinayoko au cours de l’émission « Débats de cité » de l’ORTM, le dimanche dernier, n’ont pas accepté de livrer leur projet de budget contrairement au délégué général aux élections.

Pourquoi un tel silence autour de ces projets de budgets ? En tout cas, le peuple, qui contribue fortement à ces dépenses électorales, doit savoir la réalité afin de dissiper certaines craintes émises çà et là.

Selon certaines sources, ces budgets seraient exorbitants et le Premier ministre aurait demandé qu’on les revoit à la baisse. L’administration territoriale aurait présenté un budget électoral provisoire de 9 milliards de F Cfa contre 6 milliards de F Cfa pour la CENI.

Même les 1,6 milliards de F Cfa de la DGE n’ont pas échappé à la réduction. A ces inquiétudes, il faut ajouter les deux places non occupées de la CENI.

Ici aussi, le premier responsable de la CENI doit informer le peuple sur les raisons qui font que ces places demeurent inoccupées. Qui devrait les occuper ? Quelle solution envisage la CENI ?

En attendant, c’est le silence radio autour de ce problème. Ensuite dans les innovations de la loi électorale, les futurs candidats à l’élection présidentielle doivent être parrainés.

Mais, à ce jour, les dispositions devant réglementer cette innovation n’ont pas été prises. Alors que le parrainage nécessitera des prises de contact et même des déplacements.

Pourquoi un tel retard dans l’adoption de textes réglementaires du parrainage ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement doit accorder une attention particulière à ces préoccupations. Ne dit-on pas que « gouverner, c’est prévoir« .

Idrissa Maïga

10 novembre 2006.