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La sécurité sanitaire des aliments est, aujourd’hui, une préoccupation majeure des responsables du ministère de l’Economie, de l’industrie et du commerce. C’est pourquoi, le Projet d’appui aux commerçants détaillants (PACD) dont il assure la tutelle, a engagé, depuis un certain temps, une vaste campagne de sensibilisation des commerçants détaillants sur ce sujet capital.

La finalité recherchée, au terme de cette campagne, est d’amener les commerçants détaillants à prendre conscience de leur rôle combien important dans la santé des consommateurs et, par conséquent, à leur proposer des produits sans danger pour leur santé.

La sécurité sanitaire des aliments est, aujourd’hui, un problème de santé publique. Car nombreux sont nos concitoyens victimes d’intoxication alimentaire, généralement évitable. Si plusieurs facteurs sont à la base de cet état de fait, il n’en demeure pas moins que le déficit d’information des commerçants sur les pratiques hygiéniques y est pour beaucoup.

Le Projet d’appui aux commerçants détaillants (PACD) initié par le président ATT pour servir d’interface entre les institutions bancaires et les détaillants pour l’accès au financement a jugé utile d’engager une série de formation sensibilisation en hygiène et sécurité alimentaire des aliments des responsables des CGA. Il s’agit, pour ces responables, de prendre conscience et de sensibiliser leurs camarades afin que le consommateur malien puiisse bien manger et manger propre.

Ainsi, après le Centre de gestion agréé (CGA) de le Commune IV, la Cellule de coordination de ce projet a étendu sa campagne à tous les marchés de la commune I, V, VI. C’était le samedi dernier au siège du CGA « Darhat » de la Rive droite, à Daoubougou, à travers une projection de film et des séances de questions réponses entre les commerçants et les spécialistes en sécurité sanitaire des aliments (ANSSA).


Mauvaises conditions hygiéniques

La projection faite en deux séquences montre en premier lieu les mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles les commerçants et autres fournisseurs de produits alimentaires livrent ceux-ci dans les marchés et points de services de la capitale. Que ce soit des boutiquiers, des vendeurs de viande, de volailles, de poissons frais et fumés, des fruits et légumes, des condiments, d’huile, de gâteaux….

Ces images font apparaître toutes sortes de déchets et d’insalubrité qu’on ne peut imaginer sur leurs lieux de travail. C’est le cas de ces tomates exposées à même le sol, en plein cœur du marché, aux poussières soulevées par les passagers, ou encore de ces boutiquiers qui mélangent les produits alimentaires aux savons ou d’autres types de produits.

La seconde séquence, contrairement à la première, est relative aux efforts faits par d’autres fournisseurs des produits alimentaires à travers des exemples d’attelages et de conditionnement de leurs produits. A la longue, il s’agit d’instaurer un changement de comportement auprès des détaillants qui doivent savoir que leur gain doit s’effectuer dans la préservation de la santé de leurs clients.

Ces projections ont été suivies des commentaires des spécialistes en santé alimentaires qui ont mis un accent particulier sur les conséquences de la mauvaise hygiène alimentaire. Ils ont insisté sur deux maladies que cette situation peut provoquer. Il s’agit du choléra et de la fièvre typhoïde. Ils ont rappelé certains accidents avec partout des pertes en vie humaine à cause de l’intoxication alimentaire.


Risque de choléra et de fièvre typhoïde

Les commerçants détaillants ont été très sensibles à ces projections et ont recommandé une grande diffusion si possible sur les antennes de l’ORTM pour que le maximum des détaillants puissent les voir. Aussi, ils ont exigé que des mesures énergiques soient prises par les autorités pour assainir les marchés. Car, disent-ils, les responsables des marchés ont pas mal de problèmes avec les commerçants dans ce genre de situation qui exige des mesures coercitives.

Les responsables des marchés ont souhaité une grande implication des mairies qui collectent les patentes dont une bonne partie doit servir à assainir les marchés. Malheureusement, sans assurer cette mission, les mairies se permettent d’installer anarchiquement les gens dans ces mêmes marchés, rendant difficile des actions de salubrité.

Youssouf CAMARA

29 Avril 2008