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Depuis le 21 février le projet d’appui aux commerçants détaillants a amorcé une phase décisive avec le début de la formation d’un premier lot de 150 détaillants. Cette formation est intervenue après la signature d’un premier protocole de financement entre le ministère de l’industrie et du commerce, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, le Fonds auto renouvelable pour l’emploi et la Banque malienne de solidarité (BMS) pour un montant de 600 millions de FCFA.

Ce geste sera suivi par la remise officielle, le 26 février, par le président ATT des premiers chèques aux 18 bénéficiaires. Ce qui prouve, une fois de plus, l’engagement des plus hautes autorités pour l’aboutissement de ce projet d’envergure.

Aussi, le ministère de l’industrie poursuit les initiatives d’information et de sensibilisation auprès des commerçants détaillants de l’intérieur qui, il faut le dire, n’avaient pas assimilé tous les contours du projet. Certains croyaient, jusqu’à preuve du contraire, qu’il s’agit d’une opération de distribution d’argent.

Cette dame venue à la rencontre de Niono n’a pas hésité à dire qu’elle est là uniquement pour avoir sa part dans l’argent de bienfaisance donné par ATT. Autant dire que cette énième sortie des responsables du département, du projet et de la CCIM, était bien fondée.

C’est par la capitale du riz, Niono que commença la visite le jeudi 9 mars. Pour cette première étape, la délégation, conduite par le chef de cabinet du département de l’industrie et du commerce, Amadou Daouda Diallo, comprenait notamment le directeur national du commerce et de la concurrence, le directeur adjoint des industries, le coordinateur du projet, Abdoul Karim Diallo, le secrétaire général de la CCIM, le président de la Coordination des associations et groupements des détaillants du Mali.

Tous ceux-ci, en plus du représentant de la BMS, et en présence des autorités locales, ont expliqué aux détaillants venus nombreux dans la salle de conférence de la municipalité, en long et en large, les tenants et les aboutissants du projet qui faisait l’objet de mauvaise interprétation malgré deux précédentes séances d’information tenues autour du même projet à Niono.

Le chef de cabinet du ministère de l’industrie et du commerce,Amadou Daouda Diallo, a tenu à rappeler à l’auditoire que ce projet a été initié par le chef de l’Etat pour faire face à l’épineux problème de financement, de formation et d’information dont souffrent les détaillants.

Si, dans le chronogramme initial, li était prévu la mise en place de deux centres de gestion agréés pour la première année, face à l’engouement suscité, 18 ont été mis en place en 8 mois d’exercice. En plus des différentes capitales régionales, les cercles de Niono et de Koutiala, face à l’abondance de l’activité économique, ont eu droit à un centre de gestion.

4 500 000 FCFA pour 3 détaillants de Niono

En ce qui concerne Niono, l’adhésion des détaillants au projet est totale. Depuis la mise en place du centre de gestion agréé le 4 octobre dernier, plus de 2231 commerçants se sont acquittés de leurs impôts synthétiques. Comparativement à 2004, le nombre était de 1750 soit une différence de 661 personnes.

En 2005, le nombre d’inscrits au registre de commerce atteint 162 détaillants contre deux l’année précédente. Déjà, sur les premières personnes financées, 4 500 000 Fcfa ont été prêtés à trois détaillants ressortissants de Niono pour un montant allant de 1 000 000 FCFA à 2 000 000 FCFA.

Si ces résultats, aux dires du président du conseil d’administration du centre de gestion agréé, Salif Séribala, sont encourageants, il a précisé que le fonctionnement du centre souffre de l’absence de son directeur.

En réponse à cette crainte aussi bien que d’autres soulevées par l’assistance, le directeur de cabinet a indiqué que suivant les textes du projet, les directeurs de centre sont nommés par l’ordre des experts comptables du Mali et nombre d’entre eux exercent à Bamako d’où leur absence.

Par rapport à l’attribution des financements, il a précisé que la dernière décision appartient aux banques qui mènent les investigations complémentaires pour s’assurer des dossiers déposés à son niveau.

Ni le département, ni la CCIM, ni le projet ne peuvent rien dans ce sens. Seulement, il a invité les responsables des centres de gestion à être justes dans le traitement des dossiers avant leur envoi aux banques respectives.

Pour Dominique Traoré de la BMS, le premier avantage du projet est de créer une confiance entre la banque et les détaillants qui vont devenir de vrais commerçants pouvant accéder au financement même en dehors du projet. « Je crois qu’après quelques exercices dans le cadre du projet, tout détaillant bénéficiaire doit être doté des capacités d’accéder au financement » a-t-il dit.

Le président de la coordination, Hama Abba Cissé a tenu à inviter les bénéficiaires à une gestion judicieuse des fonds, à les rembourser correctement pour donner la chance aux autres d’y bénéficier.

En tout cas, le maire de Niono, Aboubacar Fomba, n’a pas caché son émotion face à ce projet qui ouvre une nouvelle perspective pour le développement du commerce et les centres de gestion seront un raccourci pour les municipalités dans la collecte des taxes et impôts.

Youssouf CAMARA

13 mars 2006.