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La salle de conférence du programme national de lutte contre l’excision sis à Badala était le cadre le lundi dernier, de la cérémonie de remise de subventions aux structures qui luttent contre la pratique de l’excision au Mali.

Cette cérémonie très riche en couleurs a réuni le représentant du Fnuap, Dr Mamadou Diallo, la directrice du PNLE, Mme Kéïta Joséphine Traoré et plusieurs autres invités de marque.

Cette subvention d’un montant de 14 523 830 FCFA s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à la lutte contre la pratique de l’excision.

Douze structures ont bénéficié, cette année, de la subvention en vue de réaliser des activités bien ciblées auprès des populations. Il s’agit de l’ASDAP pour un montant de 966 350 FCFA, pour le renforcement des capacités des femmes contre les méfaits de l’excision ; 879 500 FCFA pour l’APDF pour l’organisation de concertations sur les mutilations génitales féminines en Commune V.

Et les membres de l’APDF, les exciseuses, les leaders administratifs, politiques, religieux, les agents de sécurité, sont, entre autres, les groupes cibles de cette activité.

L’Association pour la protection et la promotion de la famille de Kayes et le Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement ont respectivement bénéficié d’un million de FCFA et 997 300 FCFA.

Pour la première, il s’agit de faire le plaidoyer à l’endroit des leaders administratifs, politiques, religieux, l’armée, la jeunesse, les chefs de quartiers etc. Tandis que l’enveloppe du second s’inscrit dans le cadre de la formation et de la sensibilisation 50 « Nyamakala ».

La CAFO de Mme Traoré Oumou Touré qui est une coordination qui lutte également pour l’abandon de la pratique de l’excision s’est octroyé la somme de 917 000 FCFA.

L’Association malienne des femmes des églises protestantes a eu 994 000 FCFA qui lui permet de faire la formation et le recyclage des animatrices des communautés chrétiennes dans la lutte contre l’excision.

Dans le cadre de leur mission de formation et d’information des groupements de femmes de la Commune V, l’Action contre la faim et la maladie ont reçu une enveloppe de 839 500 FCFA.

La Direction régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Bamako et de Sikasso ont respectivement reçu 918 000 FCFA et 2 726 230 FCFA.

Cet argent permettra à la première d’informer et de sensibiliser les populations des quartiers périphériques du District et la mise en place de comités locaux de cercles d’action pour l’abandon de l’excision.

L’Association des femmes de Djiguissemé de Kayes a bénéficié d’un million de FCFA. 981 000 FCFA pour la promotion des femmes de Sabalibougou pour la formation des associations féminines et des conseillers communaux sur l’excision en Commune II.

Le dernier bénéficiaire est le Centre de santé de référence de Bougouni pour un montant de 2 404 950 FCFA. Voilà comment cette subvention a été répartie entre les structures qui luttent contre l’excision.

Le Coordinateur du projet d’appui à la lutte contre la pratique de l’excision, Dr Lamine B. Traoré a invité les bénéficiaires à utiliser judicieusement ces montants qui leur ont été alloués.

Pour ce faire, les directions régionales de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille sont choisies pour le suivi des activités au niveau des régions.

Financé par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) grâce à un appui du Grand Duché de Luxembourg, ce projet a démarré depuis février 2005 et cela jusqu’en décembre 2007.

Il a pour objectif de sensibiliser les populations pour l’abandon de la pratique, de mener le plaidoyer auprès des décideurs politiques, administratifs, communautaires et religieux afin de les faire adhérer à l’option de l’abandon de cette pratique.

Ce n’est pas tout. Puisque le projet permettra d’appuyer la prise en charge sanitaire des victimes des séquelles de l’excision et de sensibiliser les populations de Bougouni par rapport à l’abandon de l’excision grâce à une équipe de terrain.

Selon le Coordinateur Dr Lamine B Traoré, le projet a déjà réalisé beaucoup d’activités parmi lesquelles l’enquête sur les connaissances, aptitudes et pratiques sur l’excision à Bougouni ; l’organisation des ateliers de sensibilisation des leaders religieux de Sikasso, des élus communaux de Kayes et Sikasso. A cela s’ajoute la mission de sensibilisation dans les foyers des Maliens résidant à Paris.

La Directrice du PNLE, Mme Kéïta Joséphine Traoré a lancé un appel pressant aux bénéficiaires pour qu’ils fassent preuve d’un bon usage des montants alloués conformément aux différents projets soumis.

« J’espère que les justificatifs seront remontés à la direction du projet à temps pour permettre à d’autres structures de bénéficier des mêmes subventions. Nous rappelons aux Directions régionales qu’elles sont tenues de faire le suivi des activités au niveau des régions. Pour ce faire, les bénéficiaires doivent informer leur direction des activités afin que les points focaux soient présents » a-t-elle conclu.

Alou B HAIDARA

18 janvier 2006.