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Le projet d’accord soumis par la médiation au gouvernement malien et à la délégation conjointe MNLA/HCA n’a pas rencontré l’adhésion de Bamako dans sa totalité. Tiébilé Dramé qui a passé 48 h en consultation de haut niveau à Bamako a été rejoint dans la journée de mercredi par Yipèné Djibrill Bassolé, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale accompagné de la médiation internationale. La signature du document est attendue dans les heures qui suivent.

Si le projet d’accord a été accepté par le MNLA/HCA dans sa globalité et après consultation de sa base à Kidal le mardi, il n’en est pas le cas pour le gouvernement malien. Celui-ci a émis des réserves sur des points. Ceux-ci sont relatifs au cantonnement et au désarmement du MNLA, la formation de la commission mixte de sécurité et des terminologies comme le « MNLA » ou encore « l’Azawad ».

Le voyage de 48 h de Tiébilé Dramé a été riche en rencontres de haut niveau avec le président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré, le Premier ministre et d’autres personnalités politiques et de la société civile. L’émissaire spécial pour la question du Nord a joint l’acte à la parole en affirmant le lundi dernier qu’il ne va pas signer un accord sans l’assentiment de Bamako qui aura, selon lui, le dernier mot pour apporter des amendements s’il y a lieu.

Le président Blaise Compaoré a dépêché mercredi auprès de Dioncounda Traoré, Yipèné Djibril Bassolé. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale du Faso a quitté Ouaga aux environs de 11 h en compagnie de la médiation internationale : le Haut représentant du secrétaire général de l’ONU, le Haut représentant de l’UE, les représentants de la Minusma et de l’UA, etc. Selon des indiscrétions, « le chef de la diplomatie burkinabé accompagné de la médiation internationale a été dépêché à Bamako pour avoir un accord à l’arraché ».

Les réserves émises par Bamako ne consistent pas à créer du blocage. Pour une fois, l’Etat du Mali précisément le gouvernement de transition n’entend rien prendre à la légère pour une question d’intérêt et de souveraineté nationale. Aucun accord ne sera accepté pour la forme puisqu’il s’agit de l’avenir de toute la nation et surtout de cohésion sociale.

Le retour dans la capitale burkinabè de Tiébilé Dramé et de la délégation de M. Bassolé est attendu dans la journée de mercredi. L’accord pourra-t-il être signé mercredi ou ce jeudi, tout reste encore possible. Mais pour l’heure rien n’est dit dans ce sens.

Abdrahamane Dicko

(depuis Ouagadougou)

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Groupes d’autodéfense : La majorité silencieuse se fait entendre

Les groupes armés sédentaires appelés Forces patriotiques de résistance, une quinzaine de groupes composés du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), de Ghanda Koy, Ghanda Iso, etc. n’ont pas directement participé aux négociations.

Ils ne sont pas non plus signataires de l’accord en gestation. Ils n’en n’ont pas à rougir puisqu’ils ont été reçus par le médiateur de la Cédéao, le président du Faso, Blaise Compaoré. Lors de cette rencontre, les Forces patriotiques de résistance ont soumis des doléances à la satisfaction desquelles ils tiennent comme à la prunelle de leurs yeux.

Le coordonnateur de ces mouvements, Me Harouna Toureh, qui reste optimiste sur l’adoption d’un accord, veut cependant que la médiation et les accords tiennent compte des aspirations de tous, surtout de la majorité qu’ils sont, selon lui.

A ses dires, « les populations sédentaires qui n’ont pas pris des armes contre l’Etat constituent 93 % de la population du Nord ». Me Toureh affirme que leurs doléances (qu’il ne nous a pas énumérées) soient prises en compte dans leur entièreté pour une paix et un vivre ensemble durable.

A. D.

Les Échos du 13 Juin 2013