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L’excellence est notre ambition. Cultivons-la ». Ce slogan est presque devenu un dogme chez le professeur Mamadou Lamine Traoré depuis son installation à la tête du département de l’Education nationale.

Il prône la culture de l’excellence à tous les niveaux de la pyramide scolaire pour faire le Mali de demain. Cela passe nécessairement par l’augmentation du taux de scolarisation des filles et une bonne formation des formateurs.

L’homme ne se nourrit pas seulement que de pain, disent les évangélistes. Après le pain vient l’éducation, a dit Jules Ferry. Pour assurer l’essor économique d’un pays, il faut des ressources humaines de qualité.

C’est à cette fin que le ministre de l’Education nationale a fourni de gros efforts pour la réalisation d’infrastructures scolaires sur l’ensemble du territoire national.

Culture de l’excellence, certes, a dit le ministre-philosophe, disciple à la fois de Diogène et de Socrate, mais il ne s’agit pas de jeter les médiocres aux orties car le Mali a besoin de tous ses fils.

Pour la pérennisation des efforts, très fréquemment le ministère de l’Education nationale lève des missions-suicides composées de kara kiri qui sillonnent le pays profond pour s’assurer de la bonne marche des travaux de construction d’infrastructures.

C’est ainsi que du 24 au 31 janvier dernier une de ces missions kamikaze est allée du sud au nord pour la réception définitive des infrastructures réalisées au titre du projet éducation III FAD.

Conduite par Amidiata Ouattara, le conseiller à la communication du ministre Mamadou Lamine Traoré, elle comprenait notamment Mamadou Yorodian Diakité, le directeur du projet FAD III et Muslim Maïga, l’architecte en chef du projet. Il faut avoir les reins solides pour sillonner le Mali de long en large.

De Bamako à Diré en passant par Douenza, Tombouctou, Gao et Bourem, c’est la traversée fantastique. Sur du sable mouvant et dans un désert qui s’étend à perte de vue, on n’est jamais sûr de retrouver son chemin.

Mission bien accomplie malgré tout par ces trois bâtisseurs du département de l’Education nationale que sont Amidiata Ouattara, Yorodian Diakité et Muslim Maïga.

Le projet Education III-FAD est financé par le gouvernement du Mali et le Fonds Africain de Développement (FAD) à travers un prêt pour un coût total de 9 064 726 770 FCFA.

Les contraintes identifiées dans le secteur de l’éducation ont constitué un facteur déterminant dans l’élaboration de ce projet.

Il s’agit de l’insuffisance de la formation des cadres en planification et administration de l’éducation, la faible qualité de l’enseignement fondamental, le faible développement de la formation professionnelle.

Le projet FAD III s’inscrit dans les objectifs prioritaires du gouvernement et vise à contribuer au développement des ressources humaines dont le pays a besoin en réduisant le taux d’analphabétisme et en augmentant le nombre d’enseignants.

Il a comme objectif spécifiques de renforcer les capacités de planification et de gestion de l’éducation, améliorer la scolarisation en général et celle des filles en particulier.

Les réalisations du projet portent sur la construction et l’équipement de trois Instituts de Formation des Maîtres (IFM) à Gao, Diré et Sévaré, trois Centres d’Animation Pédagogique (Cap) à Kolokani, Yorosso et Kidal, trois Instituts de Formation Professionnelle (IFP) à Ségou, Sévaré et Diré, quatre Centres d’Apprentissage Féminin (CAFE) à Koutiala, Bourem, Bamako, Nara.

Les IFM de Sévaré et de Gao ont été réceptionnés respectivement en mars 2004 et en janvier 2005. Quant à l’IFM de Diré, la réception provisoire a eu lieu le 15 juin 2005.

Tous ces instituts ont été équipés en mobiliers (tables-bancs, chaises, bureaux, armoires métalliques), en équipements pédagogiques (livres et matériels de laboratoire), en moyens informatiques et logistiques.

L’objectif visé étant d’augmenter le nombre d’enseignants, améliorer la qualité de leur formation initiale, toute chose allant dans le sens de l’élargissement de la base de la pyramide éducative et de l’amélioration de la qualité de l’enseignement dispensé.

Dans les CAP, l’objectif visé est d’assurer la formation et le suivi du personnel enseignant, des directeurs d’école et la collecte des données statistiques.

Les formations acquises dans les IFP permettent aux jeunes de se consacrer aux activités génératrices de revenu, d’améliorer leurs conditions de vie et de réduire le taux de chômage.

Dans chaque institut sont enseignées des filières correspondant aux activités de la région. Ainsi à Ségou, une région à vocation agro-pastorale, les auditeurs apprennent l’agro-alimentaire, l’électricité et l’électroménager.

A l’IFP de Sévaré, les spécialisations portent sur le tissage, la tapisserie, les filets de pêche, la fabrication d’embarcations légères, la maçonnerie, les constructions métalliques etc. A Diré ce sont les motos pompes, l’agriculture irriguée, la pisciculture.

Quant aux centres d’apprentissage féminins, ils permettront aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées d’acquérir des connaissances techniques et pratiques dans divers domaines comme la teinture, la saponification, la coupe et couture, le maraîchage, le tissage etc.

Incontestablement le projet Education III-FAD aura une incidence positive non seulement sur le renforcement des capacités des services centraux et déconcentrés de l’Education mais aussi sur l’attitude de certains parents vis-à-vis de l’école en plus de la réduction des inégalités d’accès à l’éducation.

En outre, le projet contribuera à la réduction de la pauvreté à travers la réalisation d’infrastructures éducatives.

En effet, la construction des Instituts de Formation Professionnelle (IFP) offrira la possibilité aux enfants d’acquérir des compétences techniques dans les domaines de l’industrie, l’artisanat et l’économie rurale.

Cette formation leur permettra de se consacrer aux activités génératrices de revenus et par conséquent d’améliorer leur cadre de vie et leurs conditions d’existence.

Envoyé spécial
Mamadou Lamine DOUMBIA
à Diré, Gao, Kolokani et Bourem

L’IFM de Diré : le chantier cobay

Ouvert en 2001, l’IFM de Diré accueille sur concours des généralistes destinés à l’enseignement fondamental. L’effectif compte cette année 651 élèves dont 164 filles et 487 garçons.

Les élèves-maîtres viennent de Tombouctou, Sikasso, Bamako, Gao. L’établissement qui compte 15 enseignants souffre d’un manque criard de spécialistes en anglais et en mathématiques.

Construit sur 2 hectares, il aura coûté la bagatelle de 407 millions de FCFA. Ici, les contraintes identifiées ont été nombreuses à telle enseigne que le Directeur Misselini Halidou parle de sabotage de la part des anciens travailleurs alors que d’autres affirment que l’IFM de Diré est un chantier cobaye en ce sens que les imperfections constatées ici ont permis de corriger celles commises ailleurs.

M.L.D

02 février 2006.