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La première phase du « Programme volontariat » des jeunes diplômés sans emploi dans les Administrations publiques, initié par l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) a été clos le 30 juin dernier, après plusieurs reports.

Un nouvel appel à candidature a été lancé entre le 13 et le 30 juin dernier. A la date de clôture du dépôt des dossiers de cette deuxième phase, 10 000 demandes ont été enregistrées contre 6 000 lors du premier programme pour le même nombre de places prévues (2 000) comme par le passé.

Le traitement des dossiers a même commencé. La semaine dernière, au passage de notre équipe de reportage à l’APEJ, la saisie des inscriptions avait été bouclée. L’équipe chargée du traitement des dossiers s’apprêtait à lancer la phase de sélection des 2 000. Et, si tout se passe comme prévu, la publication de la liste des « élus » devrait intervenir en début du mois d’août.

Le programme sera aussitôt solennellement lancé par le président de la République. Signalons que cette deuxième phase a connu un léger retard dans son execution, puisque la date initiale de lancement du programme était prévue pour le 3 juillet passé.

Contrairement à ce qui avait été choisi comme démarche lors du précédent programme, l’APEJ a noué avec le ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales un partenariat pour non seulement cogérer le flux de volontaire, mais aussi pour appuyer le programme de renforcement des capacités des collectivités.

Les deux administrations ont travaillé à l’élaboration du programme qui prévoit le déploiement de 1400 volontaires (sur les 2000 recrutés) au niveau des collectivités contre 600 au niveau des Administrations d’État.

C’est pourquoi d’ailleurs les candidats ont été invités lors de l’appel à candidature à déposer leurs dossiers au niveau des municipalités de leur commune de résidence, ce sur toute l’étendue du territoire.

Des actions de plaidoyer :

Le programme prévoit aussi l’installation des comités de pilotage auprès des gouverneurs au niveau région et des préfets au niveau cercle. Auparavant, les deux départements ont organisé des missions conjointes de sensibilisation dans les Régions pour expliquer l’esprit et la lettre du nouveau programme afin d’éviter les erreurs du passé.

Rappelons en effet que les derniers jours de contrat du premier programme ont été marqués par des actions parfois violentes des jeunes volontaire qui se sont efforcés d’investir la place publique en organisant des sit-ins et des conférences de presse. L’objectif de ces démarches était de mettre la pression sur le gouvernement afin que la première génération soit maintenue dans les circuits de l’administration d’Etat.

« Avec l’argent qu’on gagnait, beaucoup d’entre nous avaient retrouvé une certaine dignité. Rompre avec cette habitude est un fait que l’on ne saurait accepter« , clamaient des volontaires que nous avons rencontrés. A l’origine du différend qui oppose les volontaires à l’Etat il y a une mauvaise interprétation des clauses du contrat par les premiers.

Selon Aly Kébé, chef du département Promotion, prospection et évaluation à la Direction générale de l’APEJ, l’accord spécifiait clairement que le volontaire ne pouvait exiger une garantie d’emploi durable de l’Agence, encore moins du gouvernement.

Selon Kébé, le programme volontariat des jeunes est une déclinaison améliorée « du Programme de stage de qualification professionnelle« , initié en 1992 par le chef de l’Etat, alors qu’il était président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP).

L’objectif était alors de doter les jeunes diplômés fraîchement sortis des écoles d’une expérience professionnelle d’au moins un an en vue de les mettre en état « d’employabilité« . Car, faute d’expérience avèrée, ils étaient difficilement sélectionnés par les recruteurs.

Mais dans la pratique, le stage de qualification professionnelle s’était avéré insuffisant. Le programme était confronté à deux problèmes majeurs : le nombre limité des entreprises privées et la faiblesse de leurs ressources qui restreignait leur capacité d’embauche. D’où le volet Programme de volontariat pour renforcer celui du stage de qualification professionnelle.

Selon Aly Kébé, c’est maintenant que l’État va conférer un statut juridique au Programme de volontariat, eu égard à son importance dans le processus d’insertion socioprofessionnelle des jeunes.

La première expérience – on ne le sait pas toujours – a offert leur chance à certains volontaires qui ont obtenu des contrats définitifs comme conventionnaire de l’administration au sein de leurs services employeurs.

Cela grâce à des actions de plaidoyer engagées par l’APEJ, souligne Aly Kébé. Au ministère de l’Emploi et la formation professionnelle, tous les jeunes volontaires ont été engagés comme conventionnaires.

D’autres ministères ont également embauché. Il s’agit des Départements du Travail, de la fonction publique et de la reforme de l’État (qui a éclaté en deux ministères depuis), des Affaires étrangères et de la coopération internationale, de la Justice, de l’Administration territoriale et des collectivités locales et de la Santé.

Au niveau du secteur privé et des collectivités, d’autres volontaitres ont décroché des contrats. La mairie de la Commune IV du District a engagé 48 jeunes parmi les anciens volontaires comme agents de recouvrement dans les marchés. Et la latitude a été donnée à tout autre service (public et privé) d’examiner au cas par cas selon leurs possibilités financières en vue de trouver de la place aux anciens volontaires.


Une dérogation spéciale :

Selon le directeur général de l’APEJ, Modibo Kadjogué, il est plus rentable pour les administrations d’État, les collectivités et les entreprises (publiques et privées) de recruter dans le vivier des anciens volontaires, qui sont immédiatement opérationnels grâce à l’expérience acquise durant le stage.

Par ailleurs, en prélude aux différents concours de la Fonction publique et de la Magistrature, l’APEJ a commis un bureau de consultant pour former les jeunes volontaires en épreuve technique et en culture générale.

987 jeunes ont bénéficié de cette formation au nombre desquels 21 ont réussi leurs concours. Cette formation a coûté à l’APEJ plus de 10 millions de Fcfa. Lors de l’organisation du concours de la Fonction publique des collectivités, l’APEJ a organisé une autre session de formation, toujours à l’intention des jeunes volontaires.

528 candidats ont reçu cette formation qui a coûté cette fois-ci à l’APEJ près de 30 millions de Fcfa. Cette augmentation de l’enveloppe est due à l’amélioration de la qualité de la formation (au lieu d’un cabinet de consultants, trois bureaux ont été commis pour assurer la formation).

Et aussi à la prise en charge des besoins nouveaux exprimés par les jeunes. Lors de la première session de formation, l’APEJ n’assurait que le transport à raison de 1 500 Fcfa par jeune et par jour. Mais les auditeurs ont exigé et obtenu en plus une pause déjeuner.

L’APEJ a financièrement accompagné également l’installation des jeunes dans le secteur rural. Ainsi, quatre volontaires ont bénéficié d’un minimum de paquets agricoles avant d’être installé à Siengo dans la zone Office du Niger.

Par ailleurs, un Comité technique d’orientation et de contrôle (CTOC) a été mis en place par le ministre de l’Emploi pour étudier les projets des jeunes. Cette structure a approuvé le financement de 51 dossiers et a accordé sa garantie pour 4 autres projets sur les 92 qu’il a reçus.

Le coût global de cette opération s’élève à plus de 336 millions de Fcfa dans lequel l’APEJ intervient pour plus de 332 millions de Fcfa. L’apport personnel des jeunes s’élève à plus de 56 millions de Fcfa. La garantie du CTOC aux 4 projets coûte à l’APEJ 15,4 millions de Fcfa.

Sur un tout autre plan, le coût global des allocations versées aux jeunes de mai 2005, date de démarrage du programme au 30 juin passé, s’élève à plus de 2,176 milliards de Fcfa et la couverture sociale payée à l’INPS a coûté à l’APEJ près de 62,3 millions de Fcfa.
En outre, une dérogation spéciale a été accordée aux porteurs de projets en prolongeant la date limite de dépôt des projets des anciens volontaires auprès du CTOC.

Cette nouvelle date arrivait à expiration le 15 de ce mois. Les anciens volontaires sont également prioritaires pour les propositions de la bourse sur l’emploi, ouverte le 10 juillet passé et qui fonctionnera jusqu’en octobre prochain. Dans le cadre du projet Money Gram lancé par la Banque malienne de solidarité (BMS) 4 anciens volontaires ont été installés en début de ce mois.

Le président de l’Association des jeunes volontaires, Mamadou Dionsan, que nous avons rencontré pour recueillir son opinion sur les possibilités d’insertion proposées à ses militants, a poliment décliné notre sollicitation. Il préfére reserver la primeur ses propos à une conférence de presse que son association envisagerait d’organiser dans les prochains jours.


A O. Diallo

23 Juillet 2008