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Les 20 000 logements sociaux malaisiens ne seront plus construits.


Le programme immobilier décennal qui a fait l’objet d’un protocole d’accord signé le 12 mars 2005 entre l’Office malien de l’habitat (OMH) et Metro Ikram Mali – Sa, une filiale du puissant Groupe Makmore de la Malaisie, pour la construction de 20 000 logements sociaux, s’est soldé par un échec.

Si, du côté du Groupe malaisien ont impute l’arrêt des travaux de construction des 2 000 premiers logements à Kati à l’absence d’un accord avec le gouvernement sur les conditions d’attribution de ces logements, du côté de l’OMH, on soutient que le Groupe est simplement à court de financement.

Finalement, les discussions sont engagées pour déterminer les conditions de rachat par l’Etat des 54 logements en chantier.

L’annonce de la construction de 20 000 logements sociaux par le Groupe Metro Ikram Mali – SA de la Malaisie avait suscité un grand espoir chez de nombreux Maliens qui ont hâte d’avoir un chez soi.

En effet, vu l’engouement provoqué par les logements sociaux et le besoin estimé à plus de 12 000 unités par an, le ministère chargé de l’Habitat s’est attelé à la recherche de solutions alternatives pour satisfaire les besoins. C’est ainsi qu’à côté des négociations avec les promoteurs privés maliens, les contacts ont été noués avec des partenaires étrangers intéressés par le secteur.

Un accord avait été signé avec le Groupe Makmore, à travers sa filiale Mero Ikram qui s’est engagée à construire 20 000 logements au Mali. Le 25 novembre 2005, un pacte d’actionnariat a été signé entre les deux parties.

La première tranche portait sur 2 000 logements sociaux pour un besoin de financement estimé à 32 milliards de FCFA. Pour lesquels l’Etat a octroyé au Groupe une superficie de 100 hectares à Kati Plateau, sur le prolongement du site du programme gouvernemental. Venu à Kati, le 22 mars 2006 pour la remise des clés des 20 logements du programme étatique, le président de la République avait profité de l’occasion pour lancer officiellement les travaux du chantier des 2 000 logements malaisiens.


54 logements au niveau de la finition

Ces 2 000 logements devraient être constitués de 300 unités de type F3A, 1 200 de type F3B. Selon les annonces faites à l’époque, ces deux types de logements devraient être attribués à l’OMH comme des logements sociaux, alors que les 400 autres logements de type moyen standing (type F4) et 100 de type F5 devraient commercialisés par les Malaisiens eux-mêmes.

Sur le chantier de Kati, les Malaisiens avaient effectivement démarré les travaux de réalisation de 54 logements sociaux de type F3A et F3B. Malheureusement, ils se sont arrêtés à ce niveau et n’ont pu même achever les travaux de ces logements. Depuis plusieurs mois, le chantier est lamentablement arrêté. Les 54 logements sont tous couverts et n’attendent que les travaux de finition et la clôture.

Pourquoi le programme est donc arrêté? Lors d’une visite de chantier, un responsable du département du Logement, des affaires foncières et de l’urbanisme a expliqué que  » le Groupe malaisien, en s’engageant dans la construction des logements sociaux, misait sur l’accompagnement des banques maliennes après le lancement des travaux. Malheureusement, cet accompagnement n’est pas venu et le Groupe s’est retrouvé en manque d’argent pour continuer les travaux ».

Du côté de la représentation de Metro Ikram à Hamdallaye ACI 2000, l’assistante de Direction et interprète du Groupe, Mme Diarra Mariam Kayantao justifie l’arrêt des travaux par « l’absence de point d’accord entre le Groupe et le gouvernement sur les conditions d’attribution des logements « .

En effet, elle affirme que «  le Groupe voulait attribuer les logements à ses propres conditions sur une durée de remboursement de cinq ans. Beaucoup de demandes étaient déjà enregistrées au niveau de la Direction du Groupe. Alors que le gouvernement, conformément à sa politique en matière de logements sociaux, voulait les attribuer sur 20 – 25 ans.

Ce qui n’est pas de nature à faciliter le chantier pour Metro Ikram qui a beaucoup investi dans ces maisons qui sont de loin plus coûteux et plus chics que les logements sociaux de l’Etat« .

Par rapport à la question relative au financement, elle précise que le Groupe n’a emprunté auprès d’aucune banque de la place, tout le financement venait de la Malaisie. Alors, à quand l’achèvement des maisons en chantier ? « Cela dépend du gouvernement qui doit nous faire des propositions  » répond volontiers Mme Diarra.

L’Etat va racheter les réalisations faites
Les propositions, elles sont, prêtes. Youssouf Fomba de l’OMH d’indiquer que les discussions sont en cours autour de ces propositions.

En effet, compte tenu des besoins en logements sociaux, le gouvernement, à travers l’office malien de l’habitat, s’est engagé à racheter les réalisations faites. Pour cela, la proposition est que l’OMH et Metro Ikram Mali – SA évalueront les investissements faits sur les 54 logements en chantier.

L’Office versera alors, dans un premier temps, les 30% du montant convenu, qui va servir à achever ces maisons. 65% seront remboursés sur une période de trois ans et les 5 % restants seront retenus comme garantie. En tout cas, ce qui est évident, c’est que les 20 000 logements annoncés par les Malaisiens ne verront plus le jour. Cependant, des dispositions sont en train d’être prises pour la poursuite de la construction des logements sur le reste des 100 hectares réservés pour la cause.

Youssouf CAMARA

25 Aout 2008