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Le programme « Sanji » d’ensemencement des nuages visant à faire pleuvoir a été adopté en conseil des ministres en septembre 2005. C’est un programme de 5 ans qui couvre l’ensemble du pays. Un autre programme qui couvre l’année 2006 a été lancé le 24 juillet 2006 sous le vocable de « l’opération Sanji » (pluie).

Il concerne les localités de Djenné (Mopti) San, Macina, Bla, Tominian, (Ségou), Nioro (Kayes), Banamba (Koulikoro). Le choix de ces villes s’explique par le fait qu’elles restent des zones de grandes productions céréalières mais tributaires d’aléas climatiques.

Depuis le 24 juillet, date de lancement de l’opération « Sanji » 2006 par une phase test à Bamako et environs et dans la région de Koulikoro, le constat fait par le citoyen lambda reste toujours l’absence prolongée de pluies. Selon des populations des quartiers périphériques de Bamako, comme Yirimadio, Baguinéda, Sénou, Kalabancoro, etc. le passage de l’avion qui sert à ensemencer les nuages est apparemment sans effet.

Le survol par l’aéronef contribue plus, selon eux, à chasser la pluie. Leur constat se fonde sur le fait que depuis que l’opération a commencé il y a environ deux semaines, les précipitations se font de plus en plus rares. Toujours est-il que le mois d’août abondant en pluies n’a connu jusque-là que deux grandes précipitations à Bamako et environs : les pluies du lundi 7 et celles du mardi 15 août.

A la direction de la météorologie, on se fie plutôt aux données scientifiques qu’à des considérations irrationnelles. Le DG Mama Konaté soutient que les essais réalisés jusque-là dans les zones cibles ont été concluants. Pour preuve, explique-t-il, les données de la situation pluviométrique des 29 et 30 juillet obtenues à l’issue des opérations de bombardement de nuages sont édifiantes.

Ces données indiquent que dans le district de Bamako et la région de Koulikoro les hauteurs de pluies recueillies entre le 29 et le 30 juillet 2006 se situent entre une moyenne de 46 à 9 mm à Koulikoro à 43 à 6 mm dans le district de Bamako.

Les interventions d’ensemencement de nuages se font à la suite des prévisions effectuées par les services de la météo. C’est pourquoi les zones jugées pluvieuses ne sont pas pour l’heure concernées sauf en cas d’extrême urgence.

La pluie en 40 minutes

La technique utilisée est en phase avec les conditions naturelles favorables aux manifestations pluviales. A en croire M. Konaté, la direction de la météo a installé sur son toit un radar dont la fonction essentielle est de suivre l’évolution des systèmes nuageux qui concourent à donner une quantité suffisante de pluies. Si tous les facteurs sont réunis, le petit avion de type Piper Cheyenne II équipé d’un labo de physique de l’atmosphère monte au ciel pour ensemencer les nuages.

L’avion, qui est doté de cartouche pyrotechnique, libère des produits chimiques à base de sulfate de sodium. Les sels distillés dans les nuages s’agglutinent autour des particules qui forment les nuages et contiennent de la vapeur d’eau. L’opération, aux dires des techniciens de la météo, est toujours suivie d’effet et fait provoquer immédiatement de la pluie dans les 20 à 40 minutes qui suivent.

Le déficit pluviométrique constaté dans le pays et principalement dans les régions habituellement pluvieuses n’a d’autres explications à la météo que celles relatives aux changements climatiques observés dans le monde.

Ces changements climatiques influent négativement sur la production agricole suspendue aux caprices de la pluie. La maîtrise d’eau est l’une des solutions envisagées par le gouvernement pour parvenir à la sécurité alimentaire. Ce qui justifie l’adoption du programme « Sanji » qui s’inscrit dans le cadre de la Loi d’orientation agricole (Loa).

L’objectif visé est de faire face aux poches de sécheresse pendant la campagne agricole, de contribuer à la recharge des nappes phréatiques, d’augmenter les réserves d’eau dans les barrages et autres bassins de retenues d’eau pour l’irrigation, l’élevage, la production d’électricité, entre autres.

Le programme 2006 est financé par le budget national pour un coût d’environ 3 milliards de F CFA. Le programme est exécuté par une société américaine qui a déjà fait ses preuves au Sénégal.

Abdrahamane Dicko

16 août 2006.