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Ils sont journalistes, diplomates, hauts fonctionnaires, membres de la société civile. Ils sont venus du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Tchad, de Madagascar et de la France. Durant, trois semaines, ces invités ont rencontré de hauts responsables américains, des responsables locaux, des fonctionnaires de l’administration américaines et ceux chargés de la politique de défense.

A Washington et à New York, les visiteurs ont eu droit à une série de rencontres au département d’Etat, au Pentagone, au Congrès (chambre des représentants). Ils ont également rencontré des représentants d’ONG et ceux des Amérindiens. Le programme s’est couronné par une visite au siège des Nations-Unies, le 1er juillet à New York.

En somme, le programme initié par le département d’Etat en association avec le Mississippi consortium of international développement (MCID) avait entre autres objectifs : d' »améliorer la compréhension des participants de la perspective américaine par rapport à l’utilisation de la résolution des conflits et des litiges et/ou de la diplomatie préventive dans les situations nationales ou internationales notamment pour les situations conflictuelles en Afrique subsaharienne, familiariser les participants avec les institutions et organisations publiques et privées qui oeuvrent en faveur de la diplomatie alternative et la médiation des litiges« .

Washington : entre débats, exercices et visites

C’est le lundi 13 juin que fut donné le coup d’envoi du programme par Mme Ella Butler, responsable de programmes au département d’Etat (branche Afrique) et Mme Debbie Dabrowski, responsable de programme au MCID.

A 11 heures 30, la salle de conférence du Beacon hôtel a enregistré la première conférence d’une longue série qui s’est achevée au siège des Nations-Unies à New York, le 1er juillet 2005.

Le docteur Donn Granville Davis, professeur associé à la faculté des sciences politiques de l’université d’Howard a échangé avec les visiteurs sur le fédéralisme.

L’éminent professeur (il est spécialiste en droit constitutionnel et dispose de quinze années d’expériences au capitole) a évoqué la constitution américaine ainsi que le partage du pouvoir et la relation entre les niveaux local, fédéré et fédéral.

Les visiteurs ont tenté de comprendre surtout le mode de fonctionnement des institutions américaines et des relations entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Le lendemain, c’est l’Institut de la paix des Etats-Unis (USIP) qui a accueilli les douze visiteurs. Institution indépendante et non partisane, l’USIP a été crée et est financé par le congrès afin de renforcer les capacités des USA dans la résolution pacifique de conflits internationaux.

Mmes Jacqueline Wilson et Nina Sughme étaient les deux conférencières de cette journée. Un atelier pratique sur la gestion de conflit a sanctionné cette rencontre.

Ensuite, le mercredi 15 juin, c’était au tour de Joseph Montville, chercheur et membre du Conseil d’administration du centre des Religions du monde de la diplomatie et des résolutions des conflits à l’université George Mason, d’entretenir les visiteurs sur les «Voie I» et «Voie II» de la diplomatie. La politique américaine en matière de diplomatie, les réussites et les échecs de cette même diplomatie, le conflit en Irak et en Afghanistan, ont été évoqués lors de cette rencontre.

Le programme s’est poursuivi le mercredi 15 juin dans l’après-midi avec un tour de table avec des ONG et des médias à la salle de conférence du Centre de la presse étrangère (nationale Press building) de Washington.

Là, il a surtout été question du rôle des médias dans la couverture des conflits et de leur résolution. Les animateurs de la rencontre étaient M. Paul Denig, directeur du centre, Mme Susan Koscis, directrice de communication, Mme Donatella Lorch, directrice du centre international du journalisme et M. Daniel Witman du département d’Etat.

Tour à tour, ces différentes personnalités ont évoqué les rôles positif ou négatif que peuvent jouer les journalistes en période de crise et dans la gestion des conflits. Les intervenants, tous journalistes, ont surtout partagé leur expérience professionnelle avec les invités.

Ensuite, le jeudi 16 juin, les participants ont rencontré le député Howard Walpe, en sa double qualité de directeur d’une ONG dénommée Africa Project et directeur intérimaire du projet sur la prévention des conflits.

Homme d’expérience, le député Wolpe a accompli sept mandats au Congrès des USA et fut envoyé spécial du Président dans la région des Grands Lacs. Avec lui, il a surtout été question de certains grands conflits du continent : RDC, Liberia, Sierra Leone, et Burundi.

120 minutes au Pentagone

Le même jour, les visiteurs se sont rendus au Ronald Reagan Building and International Trade Center, le siège de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

Les activités de l’USAID dans les pays africains dont le Mali, ses efforts dans la gestion des conflits et la consolidation de la paix ont fait l’objet d’échanges entre les représentants de l’Agence et les participants.

La rencontre au Pentagone (ministère de la défense), le vendredi 17 juin, a constitué un des moments forts de cette étape de Washington.

En effet, pendant près de deux heures les visiteurs se sont entretenus avec Mme Theresa Whalen, secrétaire déléguée adjointe à la Défense pour les affaires africaines et le colonel Vic Nelson, directeur Afrique de l’Ouest (bureau des Affaires de la sécurité internationale).

Au menu de la rencontre : les priorités du ministère de la Défense sur le continent africain et l’initiative américaine de lutte contre le terrorisme (PAN-Sahel).

La coopération militaire entre les USA et l’Afrique était au centre des échanges entre les deux responsables du Pentagone et les participants.

A cet effet, les invités ont eu droit à des explications sur le soutien américain en vue de consolider la paix sur le continent.

Il a été aussi question de la lutte contre le terrorisme dans certains pays africains dont le notre. L’assistance militaire, la formation des formateurs à travers l’opération d’assistance et de formation (ACODA), l’équipement des forces ont été abordés.

Le Mali qui entretient d’excellentes relations militaires avec les USA est cité au Pentagone comme une priorité en vue de lutter contre le terrorisme.

Avant les échanges, les participants ont visité le mémorial des victimes du 11 septembre. Un des avions détournés par les terroristes avait touché une partie du gigantesque bâtiment du département de la Défense, causant une centaine de morts.

Aujourd’hui, seul le mémorial (qui reçoit quotidiennement de nombreux touristes ou de simples curieux), rappelle ce triste événement vécu.

La partie atteinte a été entièrement reconstruite. Et les 23.000 travailleurs (dont 16.000 militaires) du département sont si débordés par l’actualité brûlante que constitue l’Irak qu’ils ne prêtent visiblement pas attention aux nombreux visiteurs qui arpent les couloirs du siège du ministère de la Défense.

Les subventions sur le coton ?

Après, les visiteurs se sont rendus à la Chambre des représentants où ils ont rencontré M. Gregory Simpkins, membre de la sous-commission pour l’Afrique (commission des relations internationales).

Avec lui, des sujets essentiellement économiques comme les subventions accordées par le gouvernement des USA aux cotonculteurs américains et ses répercutions néfastes sur le coton africain, l’AGOA et le millenium challenge ont été abordés.

Sur tous ces sujets, M. Simpkins a donné des explications ainsi que la position de la sous-commission. Il semblerait que le congrès s’apprête à élaborer une résolution sur la suppression des subventions.

Ce qui, s’il se confirme, constituerait une bouffée d’oxygène pour les pays africains, surtout le Mali.

Le vendredi 17 juin, à 15 heures, les visiteurs ont été reçus au département d’Etat. C’est M. Michael Bittrich du Bureau des Affaires régionales et de la sécurité (une branche du Bureau des Affaires africaines) qui, au nom du secrétaire d’Etat, a souhaité un bon séjour aux hôtes du département.

Durant plus d’une heure de temps, les invités et M. Bittrich ont échangé sur divers sujets ayant trait à la coopération entre les Etats-Unis et l’Afrique.

Le fonctionnaire du département a fait une présentation du programme de formation en assistance pour les opérations d’urgence en Afrique (ACOTA).

Les perspectives de la politique américaine sur le Continent ont été également abordées. A ce sujet, Mme Bittrich a indiqué les priorités du département d’Etat : bonne gouvernance, formation, appui financier et technique.

Cependant, au département d’Etat, une conviction demeure : c’est l’Afrique, elle même, qui est en mesure de régler ses propres problèmes.

La rencontre au département d’Etat mettait donc fin à la première étape du programme, celle de Washington. Et c’est Tulsa via Dallas (Texas) qui, à partir du samedi 18 juin, a accueilli les invités du département d’Etat.

Dans nos prochaines parutions nous reviendrons sur cette étape, ainsi que celles de San Diego et de New York.

C.H Sylla

08 juillet 2005