Partager

Dans le cadre de la préparation du 10ème programme FED (fonds européen de Développement) de l’Union Européenne, la délégation de la commission européenne au Mali a mandaté une mission d’experts pour élaborer une étude de faisabilité pour un programme d’appui de l’UE au Mali dans le secteur de la culture. Ce programme d’appui devrait commencer à être mis en oeuvre à partir de 2009 et se poursuivre jusqu’en 2013.

La mission de terrain de cette étude, d’une durée de deux mois et assurée, par trois experts dans le domaine de la culture, s’achève le 07 juin 2007. Une réunion de restitution et d’échange a été organisée à l’attention des autorités concernées et des opérateurs des différents secteurs de la culture afin de présenter et d’échanger sur les premièers conclusions de l’étude, ainsi que sur le projet de programme 10ème FED.

La culture a des impacts directs et indirects sur l’activité économique d’un pays. D’une part, les secteurs culturels génèrent des flux économiques directs liés aux activités de création, production, commercialisation et diffusion des biens et services culturels, mais aussi par les dépenses des intervenants non marchands dans les secteurs d’activité tel l’Etat ou les partenaires du développement.

Ces secteurs ont comme point commun d’avoir comme matière première essentielle un contenu culturel ou artistique, sur lequel s’appui le développement d’une activité, avec la génération de flux financiers et des emplois. L’impact économique indirect de la culture se traduit par l’amélioration de la visibilité et de la notoriété du pays lui permettant d’attrirer des investissements étrangers, par l’enrichissement de l’environnement social du pays, par l’impact positif sur la créavité et par la performance des individus.

La culture peut également devenir un moteur pour la redynamisation des villes et des communautés du pays, ainsi qu’un élément important de cohésion et de paix sociales, nécessaire pour un développement économique sain et durable. Un des objectifs de l’étude en cours était l’estimation de l’impact économique direct des différentes filières culturelles. Ce travail s’est appuyé par une collecte d’information et de données statistiques auprès des différents organismes, institutions et opérateurs, tant en régions qu’au niveau national. Des enquêtes directes auprès de certains opérateurs ont été également réalisées.

Malgré la rareté des données disponibles portant sur l’activité des secteurs concernés, la collecte des informations des différentes sources, les enquêtes directes de l’analyse par filière, ont permis de tirer les premières conclusions sur le poids économique de la culture au Mali.

L’emploi

Au niveau de l’emploi, l’analyse des données recueillies par l’enquête d’emploi auprès des ménages réalisée en 2004, ainsi que des résultats des enquêtes réalisées directement par la mission et les informations recueillies auprès des opérateurs, ont permis de dégager les conclusions suivantes : le nombre total des postes de travail dans les secteurs de la culture était en 2004 de 146.000 emplois, en tant qu’activité principale, soit 5,8% de la population active occupée. Le principal secteur générateur d’emplois est l’artisanat d’art, avec 95.000 emplois, soit 3,8% du total de la population active occupée.

Il est à noter que ce secteur contribue également de façon très significative aux revenus des ménages les plus pauvres en tant qu’activité non principale, avec 107 000 personnes exerçant une activité secondaire dans ce domaine généralement des travailleurs agricoles qui ont une activité secondaire ou saisionnière dans l’artisanat.

Le second secteur concerne est le patrimoine, où ont été comptabilisés les travailleurs de la construction, la conservation et la restauration de l’architecture traditionnelle (banco), avec environ 21 000 travailleurs, soit 0,9% du total ; le secteur de la musique représente envirion 10 800 postes de travail en tant qu’activité principale, ce qui correspond à 0,4% du total ; ceux du cinéma, de l’audiovisuel et de télévision sont également significatifs avec plus de 5 000 postes de travail soit 0,2%. Le tourisme culturel comporte des emplois direcets et indirects estimés à 4500 postes.

Participation au PIB

Le secteur de la culture représente une part relative moins importante dans le produit national qu’au niveau des emplois. En effet, il s’agit très majoritairement d’emplois générant un revenu faible. Les études réalisées permettent d’estimer que les secteurs de la culture représentent 2,38% du PIB (produit intérieur brut). Le secteur le plus significatif est celui de l’artisanat d’art avec 0,9% du PIB, le secteur du livre et de l’édition (0,39%), la musique (0,29%) et et le tourisme culture (0,25%).

Il faudrait noter la présence de bon nombres d’acteurs du domaine de la culture. Notamment le PSIC, la DNBD (bibliothèque nationale), projet AFLAM (appui à la filière du libre au Mali), Balani Z et beaucoup d’autres encore. L’exposant M. Patricio Jeretic, conseiller économique et financier en France, était accompagné par des représentants de l’UE, du ministère de la Culture et du conseiller technique de l’Ambassade de France au Mali M. Dominique Mondoloni.

Hawa SÉMÉGA

7 juin 07