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Dans le district de Bamako, les vendeurs ambulants constituent un fléau. Levier de l’économie malienne, l’informel joue un rôle intégrateur dans la sphère des activités.

Les vendeurs ambulants jouent un rôle multiple. La pratique permet à de nombreux jeunes de mener une vie digne dans le déroulement de leur scolarité. En effet, de nombreux jeunes passent leurs vacances en vendant des articles en bordure de routes, cela pour préparer la rentrée scolaire suivante.

Dans leur travail déambulatoire, ces jeunes aident aussi de nombreuses familles à joindre les deux bouts. Ils se voient ainsi mieux intégrés dans la société, car leurs pécules non seulement leur permet d’épargner de l’argent mais aussi de participer à l’entretien courant des foyers. Entre l’Institut d’économie rurale (IER) et la Banque de développement du Mali (BDM-SA), une trentaine de jeunes passent la journée à vendre divers articles.

Dans la rue, quatre jeunes hommes se détendent. Gaoussou Coulibaly accepte de se prêter à nos questions. Jeune et dynamique, il est un écolier qui s’adonne à cette activité chaque fois qu’il ne va pas à l’école. Il prépare sa rentrée future en travaillant ainsi pour se faire un peu d’argent. L’année dernière, il vendait à Djélibougou, Fadjiguila, Korofina, Médina Coura.

G. C. a commencé ce métier grâce à l’appui de son frère qui veut le voir voler de ses propres ailes. Initialement, il vend des insecticides en provenance de Chine et parvient très rapidement à s’entretenir lui-même.

Ramadan : le temps des vaches grasses

A jeun, il confirme que le mois de ramadan est plus propice que les autres parce qu’il est plus proche de la fête. « Les usagers de la circulation achètent beaucoup« , dit-il. Il écoule sans grande difficulté sa marchandise et ne paye aucune redevance à la mairie. Le gain que lui procure son commerce lui permet d’aider sa mère, qui est une ménagère. « En utilisant l’argent qu’il gagne avec parcimonie, il épargne pour pouvoir satisfaire ses petits besoins personnel, à 15 ans« , avoue cette dernière.

Dans la rue parallèle au ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Alphonse Coulibaly, 15 ans, est lui aussi un écolier de la 9e année. Il exerce ce métier de vendeur depuis qu’il avait 12 ans en dehors des cours et surtout pendant les vacances.

Les conditions de travail sont difficiles, témoigne-t-il. « Parfois, on travaille sous un soleil de plomb. Les conditions de travail sont intenables, après la vente on fait des économies, cette épargne nous permet d’acheter nos effets scolaires, le reste nous servira d’argent de poche pour aller à l’école ».

« Depuis la semaine passée, je vends des poches pour les cartes Nina, avant de m’intéresser à ça, je vendais des jouets pour enfants« .

Il regrette que les plus jeunes d’entre eux fassent une entorse au prix fixé des articles et indique que cela génère une pénibilité. Habitant de Kalaban, il vient travailler tous les jours et à 10 h, il commence à vendre. « Souvent je viens en auto stop, pour repartir en transports publics ».

Selon lui, la mairie saisit leurs marchandises à l’intérieur des marchés. « Sinon ce sont les gardiens qui nous déguerpissent parce que nous obstruons le passage à l’entrée des services. La mairie ne traque que les adultes a priori ».

Omar Macky Sako

(stagiaire)

01 Août 2013