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Certaines personnes, de par leur popularité et leur capacité de mobilisation, sont courtisées par presque tous les partis politiques. Siaka Diarra dit Vieuba fait partie de ces « incontournables » d’un quartier de la Commune VI. Il nous dévoile son secret.

S’il y avait une profession de mobilisateur, on aurait pu l’attribuer à Vieuba tant il excelle dans ce domaine. La trentaine entamée, Vieuba comme son nom l’indique a la mine patibulaire et n’oserait pas se hasarder sur une scène de concours de beauté. Le sempiternel grand boubou et toujours coiffé d’une chéchia, il ne laisse personne indifférent à cause de sa dysharmonie.

Coiffeur de son état, son atelier ne désemplit jamais. « C’est à cause de son professionnalisme et de son humour », nous confie un de ses amis. Et pourtant, sa laideur n’a pas du tout été un handicap pour lui. Tant, sa compagnie est recherchée dans le quartier et il s’en flatte.

« L’essentiel pour moi est que mon sang circule », dit-il toujours à ses détracteurs. Et en cette période de campagne électorale, Vieuba se frotte pleinement les mains et il n’a rien à envier à un certain Mangala Camara avec son « min ye min ye ».

« Je ne suis pas riche en terme d’argent, mais en terme humain. Car, j’ai la chance que presque tous les jeunes du quartier m’écoutent, me respectent et me laissent toujours le dernier mot », explique-t-il. C’est à cause de ce lopin de pouvoir dont il dispose que Vieuba est courtisé par nombre de partis politiques.

« Chaque fois qu’un parti, une association organise une manifestation populaire dans le quartier, ils viennent solliciter mon concours. Parce qu’ils savent que si je dis oui, les gens vont sortir », dit-t-il avec fierté. Vieuba tire-t-il profit de cette popularité ?

« Je gagne des choses, mais je les partage toujours. Chaque fois, je reçois des cadeaux ou de l’argent de la part des hommes politiques. Je fais appel à mes camarades et on décide de ce qu’il y a lieu d’en faire », ajoute-t-il. C’est ce partage qui fait d’ailleurs la force et l’aura de Vieuba auprès de ses camarades.

A la question de savoir pour qui vote le « mobilisateur hors pair » et sa troupe ce dimanche, il répond que son bulletin ne sera pas nul. « Je vais voter utile. Pour mes camarades, ils ont le libre choix, je peux mobiliser des gens pour un événement, mais je n’influence jamais le vote de quelqu’un », précise-t-il.

Ce qui est sûr, Vieuba a promis de faire sortir ses camarades pour voter comme il l’a fait pour le retrait des cartes d’électeurs. Des membres de commission d’attribution de cartes ont reconnu son apport inestimable dans le taux élevé de retrait de cartes d’électeurs dans son quartier.

En attendant dimanche, Vieuba attend les derniers sous de candidats pour mobiliser plus d’électeurs.

Sidiki Y. Dembélé

27 avril 2007.