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La bonne nouvelle aux paysans a été annoncée ce week-end par le nouveau ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche au cours de sa visite dans les zones de production cotonnière à Sikasso. L’Etat s’engage à maintenir la subvention sur les engrais, le prix du coton à 255 F CFA et à payer la redevance due aux paysans au titre de la campagne écoulée.

Moussa Léo Sidibé n’a pas attendu longtemps pour rentrer dans le vif de son sujet. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a entamé ce samedi 5 mai une mission dans les zones de production cotonnière de Sikasso et rizicole de l’Office du Niger à Ségou. Moussa Léo Sidibé, qui doit se rendre successivement (du 5 au 7 mai) à Bougouni, Sikasso, Koutiala et Ségou, s’est fixé deux objectifs fondamentaux. Le premier, explique-t-on au service communication du département, est de rassurer les producteurs du maintien de la subvention de l’Etat sur les engrais, dont le prix du sac est fixé à 12 000 F CFA. Le second, est d’informer les paysans que le prix du Kg du coton reste à 255 F CFA.

Au cours de sa mission en 3e et 4e région du pays, M. Moussa Léo Sidibé sera aussi porteur d’une bonne nouvelle auprès des paysans. Car, il vient réaffirmer l’engagement du gouvernement malien à payer la redevance due aux producteurs au titre de la campagne agricole écoulée. Cette redevance s’élève à 25 milliards de F CFA. Le nouveau patron du département de l’agriculture, qui est en terrain connu pour avoir été secrétaire général dudit département, mesure sans doute l’enjeu de sa mission dans cette transition. Car sa nomination intervient au moment où 104 communes du pays sont menacées d’insécurité alimentaire du fait de la mauvaise campagne agricole de l’année dernière.

Moussa Léo sait donc qu’il sera jugé à la tâche. Et l’une de ses priorités sera axée sur le secteur du coton miné par des difficultés cruciales. Depuis près d’une décennie la filière est dans une impasse. De 800 000 tonnes de production il y a quelques années au titre de la campagne annuelle (classant le Mali 1er pays producteur du coton en Afrique), le niveau de notre production cotonnière a chuté à près de 50 %. Ces dernières campagnes, la production est estimée à environ 500 000 tonnes.

A cause des difficultés d’accès aux intrants et matériels agricoles, la baisse régulière du prix du coton sur le marché et la dévalorisation du secteur (à cause de la mauvaise gestion), plus de 56 816 exploitants (sur 1 720 000 immatriculés à la CMDT), ont abandonné la culture du coton au profit d’autres jugées »plus rentables ».

Avec un chiffre d’affaires de 200 milliards de F CFA, soit 20 à 25 % du budget national, la filière coton fait nourrir au minimum 4 millions de personnes avec 1.200 employés à la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Comment redonner espoir à un secteur en perte de performance ? Le défi est de taille pour le nouveau ministre, surtout dans un contexte de privatisation de la CMDT.

Issa Fakaba Sissoko

L’Indicateur du Renouveau du 7 mai 2012