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L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a institué, depuis 1988, un fonds de soutien d’un montant de 2 millions d’euros, soit plus d’un milliard de FCFA par an uniquement consacré à la production audiovisuelle du Sud.

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est aujourd’hui porteuse de plusieurs grands projets de coopération destinés à préserver, développer, faire connaître et faire circuler les expressions culturelles des pays francophones en développement.

Les actions de l’OIF s’articulent autour de quatre missions. Il s’agit de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’homme, appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche et développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité.

En matière d’audiovisuel, l’OIF se place dans la perspective du développement durable et de la consolidation d’une « filière image« .

Paul Charlemagne Coffie, l’un des responsables de l’OIF que nous avons rencontré à Abidjan à la faveur de Clap Ivoire International, estime que « les actions visent donc à améliorer l’organisation de la production audiovisuelle afin de doter les professionnels des capacités à se poser en interlocuteurs crédibles auprès des pouvoirs publics, financiers ou techniques, à accroître le volume de la production, à en améliorer la promotion et la mise en marché et, enfin, à en développer l’exploitation« .

Aux dires de Paul Charlemagne Coffie, l’OIF intervient à tous les stades de la vie des productions audiovisuelles du Sud. Cette politique, dira-t-il, « rend justice au potentiel de développement et au rôle central en matière de diversité culturelle« . « Face à d’autres urgences, la plupart des pays francophones en développement n’ont pas mis en place de mécanismes structurés de financements dédiés à la production audiovisuelle qu’elle soit cinématographique ou télévisuelle. Cette situation handicape lourdement le développement d’une production locale, la mise en place d’infrastructures minimales de production et de post-production, l’émergence de sociétés privées qui pourraient alimenter les marchés en productions locales. Nombreux sont les pays qui sont devenus presque totalement dépendants des images extérieures avec les risques de perte d’identité que cela implique » reconnaît Paul Charlemagne Coffie.

C’est pour toutes ces raisons que la Francophonie a institué, depuis 1988, un fonds de soutien à la production audiovisuelle du Sud. Ce fonds, d’un montant de 2 millions d’euros, soit plus 1 300 000 000 FCFA par an, est géré conjointement avec le Conseil international des radios télévisions d’expression française (CIRTEF). Ce fonds, a déclaré Paul Charlemagne Coffie, « occupe désormais une place prépondérante au sein du dispositif de coopération internationale aux côtés de l’Union européenne et du ministère français des Affaires étrangères« .

Depuis la création du fonds de soutien, l’Organisation internationale de la francophonie a contribué à plus de 700 productions dont 170 longs métrages signés par des auteurs issus des pays francophones en développement, à raison d’une centaine d’heures de production par an soit, 12 à 15 longs métrages, 25 projets télévisuels (10 à 15 séries et 8 à 10 productions unitaires). Certaines productions ont été récompensées dans les principaux festivals internationaux.

La commission de sélection du fonds, composée de professionnels et de représentants d’associations professionnelles, statue deux à trois fois par an suite à des appels publics à projets.

En 2003, la Francophonie a mis en place un nouveau programme dénommé « Africa Cinémas » de distribution de films africains dans les salles situées au sein des différentes capitales africaines ainsi que le programme d’exploitation numérique du cinéma africain en milieu rural.

« Africa cinémas » qui a été interrompu, trois ans après, plus précisément en 2006, a permis « la réhabilitation totale ou partielle de 21 salles et leur mise en réseau, la distribution de 14 films dans les salles africaines, la formation de 32 professionnels dans les domaines de la programmation, de la gestion et l’animation de salles, la distribution« .

En tout cas, le souhait le plus ardent du Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, c’est d’organiser les états généraux du cinéma africain.

Alou B HAIDARA

18 septembre 2007.