Partager

Si la Cour constitutionnelle est suffisamment courageuse, elle doit aller au fond des choses lors de la proclamation définitive des résultats du 1er tour des législatives en procédant à des redressements nécessaires et à l’annulation des voix des bureaux de vote où des cas de fraudes ont été enregistrés.

Le verdict de la Cour constitutionnelle pour la validation des résultats définitifs du 1er tour des élections législatives du 24 novembre 2013 est attendu avant vendredi prochain. Selon la loi, l’institution chargée des contentieux électoraux dispose d’une semaine après la proclamation des résultats provisoires par le ministre de l’Administration territoriale. Celui-ci a rendu public ses résultats provisoires en début de soirée du mardi 26 novembre 2013, il est autorisé de penser que la Cour constitutionnelle ne doit pas en principe excéder cette semaine sans trancher définitivement les résultats soumis à son appréciation.

En attendant le verdict des sages de la juridiction chargée des recours électoraux, l’on peut épiloguer sur les résultats provisoires déjà disponibles. Ils donnent largement le RPM en tête dans beaucoup de circonscriptions électorales.

Le parti présidentiel est talonné par l’Adéma. Exceptées certaines circonscriptions comme Niafunké et autres Abéïra…où il se dit qu’il est fortement probable que l’économie d’un 2e tour soit faite, ces deux formations (RPM/ Adéma) sont aussi en ballotage dans presque toutes les localités. Il en ainsi des cas des Communes du district, de Ségou, Niono, San etc.

Visiblement, à l’intérieur du pays, les listes RPM sont bien en légère avance sur les autres listes concurrentes. Mais, cette tendance sera-t-elle maintenue ou pas par la Cour constitutionnelle ? C’est là toute la question. Déjà, dans les coulisses, il nous revient que la Cour à qui le dernier mot revient, a été saisie de beaucoup…beaucoup de recours.

A l’analyse, si cela s’avérait, il y a donc lieu de s’attendre à des rectifications et redressements nécessaires de la part de cette juridiction. Ce qui fait croire à certains qu’il pourrait bien y avoir des surprises. En tout état de cause, les cas de fraudes et autres malversations lors du scrutin du 24 novembre font légion. Goundam… a-t-on appris, il y a eu non seulement enlèvement d’urnes, mais aussi bourrages d’urnes.

A l’instar d’autres parties du pays, si ces faits sont vérifiés, la Cour constitutionnelle qui est le dernier rempart en matière électoral, ne doit pas avoir aucune complaisance pour sanctionner conformément à la loi. Elle doit suffisamment courageuses et à équidistant des parties pour appliquer la loi dans toute sa rigueur. C’est de là que résidera toute la légitimité et la grandeur de la future représentation nationale.

Mohamed Daou

Des requêtes de l’URD sur l’ensemble du pays

Selon nos informations, il n’y a pas de circonscriptions électorales où des recours n’ont pas été formulés par l’URD et déposés auprès de la Cour constitutionnelle pour dénonciations de fraudes et de nombreuses irrégularités ayant entaché le scrutin du 24 novembre 2013. C’est dire que le parti de la poignée de main met en cause la sincérité du vote. Il reste à savoir si la Cour constitutionnelle tiendra compte au pas des requêtes de l’URD touchant l’ensemble du pays.

M. D.

Les Echos du 05 Décembre 2013