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La fin du régime du Général Moussa Traoré le 26 mars 1991 est le couronnement d’une longue lutte de plusieurs acteurs. Après 14 mois de transition démocratique pilotée par l’actuel président de la République Amadou Toumani Touré, alors Lieutenant Colonnel, l’ADEMA-PASJ arrive au pouvoir le 8 juin 2002 à la faveur des élections démocratiques et libres. Les aspirations légitimes du peuple étaient grandes et l’Alliance pour la Démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ), face à l’histoire et au destin devrait les accomplir mais hélas!

C’est ce qui a fait dire à Adama Samassekou le 10 janvier 2009 lors de la journée commémorative de la marche unitaire du 30 décembre 1990 ceci : “Nous avons cherché le pouvoir et oublié le projet”. Me Mountaga Tall va dans le même sens quand il soutient que le Mouvement démocratique, catalyseur du changement de mars 1991 a accompli sa mission historique et que ce sont les partis politiques qui ont échoué en prenant la relève du Mouvement Démocratique.


Le CNID et l’opposition

Dix ans dans l’opposition, ça suffit. Tel était le leitmotiv du président du Congrès National d’Initiative Démocratique-Faso Yiriwa Ton (CNID-FYT) Me Mountaga Tall, après les dix ans du règne de l’ADEMA. En effet, de 1992 à 2002, Me Tall a vaillamment animé l’opposition politique au Mali. Après sa participation aux premières élections pluralistes de 1992, Me Tall du CNID a été élu député à l’Assemblée Nationale par les électeurs de Ségou.

A l’hémicycle, il a été pendant cinq ans(1992-1997) avec son groupe parlementaire un pourfendeur du pouvoir ADEMA. En retour, le parti au pouvoir le persécuta et le CNID n’a pas résisté à la pression, puisqu’en septembre 1995, le parti du Soleil Levant connaîtra une scission qui a abouti au départ des 10 pour créer le PARENA.

Deux ans après, c’est-à-dire en 1997, suite à des élections législatives ratées, l’opposition malienne se radicalise. L’US-RDA, le MIRIA, le CNID, le MPR, le RDP pour ne citer ceux-ci, ont créé le Collectif des Partis Politiques de l’Opposition (COPPO). De 1990 jusqu’en 2000, le climat politique se crispe entre l’opposition et la majorité.

Le COPPO boycotta les élections présidentielles de 1997 qui n’ont enregistré que deux candidatures: le président sortant Alpha Oumar Konaré et Mamadou dit Maribatrou Diaby. Les partis politiques membres du COPPO sont même arrivés à contester la légitimité du président Alpha réélu. Marches, meetings, barricades, jets de grenades lacrymogènes étaient monnaies courantes entre les belligérants politiques.

Des opposants ont été emprisonnés puis relâchés plus tard. La décrispation est intervenue entre 2000 et 2001 à la faveur de la table ronde des partis politiques avec l’implication active et déterminante de CRI 2002, une organisation de la société civile. pour la 1ère fois au Mali, 24 candidats ont pris part aux élections présidentielles de 2002 contre 8 en 2007, tandis qu’en 1997, il n’y avait que 2 candidats et 9 candidats en 1992.

Diviser pour mieux régner

Les dix ans (1992-2002) du règne de l’ADEMA ont été marqués par des remous sociaux sur le plan scolaire, nous avons vu les années de toutes les couleurs : année blanche, année facultative, année noire, année jaune.

A peine les étudiants arrivent à boucler 4 mois sur les 9 mois de l’année scolaire. Les syndicats d’enseignants ne sont pas en reste. Cette situation a continué au cours des cinq dernières années.

Le forum national sur l’éducation, tenu du 30 octobre au 2 novembre 2008 donne des raisons d’espérer que le sursaut est possible pour sauver l’école.

Sur le plan politique, le mot d’ordre était : diviser pour régner. Ainsi, l’ADEMA a donné naissance au MIRIA, au RPM et à l’URD.

De la scission du CNID est né le PARENA qui, à son tour, a donné naissance au BARA et le BARA au BARICA. La scission de l’US-RDA a donné naissance au BDIA, au PIDS au RMC-Mali Kanu qui, à son tour a donné naissance au PDCI-Farafina-Dambé.

Le départ du secrétaire général sortant de l’UDD après le 3ème congrès ordinaire a donné naissance au RDS. Mais avant cela, il y a eu les dissidents de la 1ère conférence nationale qui ont créé le MPR en 1995. Des exemples de scission de partis sont nombreux.


Des reconstitutions à partir de 2003

Après les élections générales de 2002, des responsables de partis se sont rendus compte que l’avenir réside dans les grands groupes politiques. C’est ainsi que le MC-CDR, le PMDR et l’UDR se sont dissous en prélude à la création de l’URD. Plus tard, l’URD a bouffé la CND, puis le PARISA.

L’ADEMA, à son tour a cherché et obtenu la dissolution du RND, du PUDP, du PDCI-Farafina-Dambé.

Daba Balla KEITA

13 Janvier 2009