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Dans certains pays du continent africain, les veille et les lendemains des élections générales (législatives et surtout présidentielle) causent beaucoup d’insomnie. On assiste à des mouvements des populations qui veulent bien souvent franchir les frontières, hantées qu’elles sont par la psychose des violences entraînant souvent des bains de sang.

La période électorale en Afrique, notamment l’élection présidentielle, est la période de tous les dangers. En effet, à chaque fois que l’heure des urnes arrive, le peuple retient tout son souffle. C’est une vague d’inquiétude qui plane sur toute la nation. Ainsi, le calme et la sérénité laissent place à l’incertitude et dans certains pays, à l’insécurité. C’est dire que, durant cette période, l’ombre du démon de la violence plane sur la nation. Dans ce contexte, l’élection, loin d’être une période d’échange d’idée et de confrontation des différents projets de société ainsi que la rencontre et la communion entre les dirigeants et le peuple, a l’allure d’une vraie guerre.

Ces derniers temps plusieurs pays de notre continent nous ont donné des exemples de processus électoral sur fond de contestations, suivies de répressions parfois sanglantes, notamment le Togo, le Rwanda et le Burundi. De ce fait, la communauté internationale et des pays voisins cherchent, à tout prix, à éviter à certains Etats un bain de sang pré ou post électoral. L’embargo décidé par la communauté internationale sur les armes en Côte d’ Ivoire en dit long à ce propos. La signature récente d’un code de bonne conduite entre les deux candidats au second tour de la présidentielle guinéenne sous les auspices du médiateur burkinabé et destinée à apaiser le climat, est également à mettre au compte de cette volonté de pacifier le processus électoral.

En plus de ces mesures préventives, divers autres moyens, tant institutionnel que traditionnels sont mises en œuvre pour exorciser le démon de la violence. Une violence qui tranche avec l’ambiance gaie et festive des grandes élections dans les pays développés. Aux Etats-Unis, par exemple, le monde entier a pu suivre avec envie, la campagne et l’élection de Barack Obama.

Cela dit, les sources de cette violence sont d’origine diverses. Pour certains, elle résulte de l’impréparation (aussi bien matérielle qu’humaine) du processus électoral. Du coup, les erreurs à répétition liée à ces manques peuvent être à la source de mécontentements et de frustrations qui peuvent déboucher sur la violence de ceux qui sentent lésés par cette faute.

Pour certains également, la violence électorale résulte de la crise de confiance entre les dirigeants au pouvoir (lesquels ont la charge d’organiser l’élection pour sa propre succession) et leurs challengers.

Ainsi, le tripatouillage des textes, le bourrage des urnes, la corruption des délégués électoraux, le mauvais découpage électoral, l’utilisation abusive de l’appareil d’Etat au bénéfice du parti au pouvoir sont les maux qui poussent les challengers à prendre les armes pour obtenir gain de cause sachant bien que la voie officielle pour venir est obstruée.

Enfin, pour d’autres, une autre raison de la violence électorale est à mettre au compte de l’ingérence des pays etrangers désireux de faire triompher le candidat qui garantirait mieux leurs intérêts.

Dans ce souci, ces pays n’hésitent pas à armer leur protégé ou envoyer des mercenaires pour conquérir le pouvoir. Surtout quand ils ne sont pas assurés que ce dernier a de fortes chances d’obtenir la majorité démocratique.

Et généralement, le peuple, qui lit entre les lignes, est obligé de se révolter pour défendre son candidat comme on l’a pu bien le constater en Côte d’Ivoire en 2002.

L’histoire est remplie de ces cas de violences. Pour autant et du moment que la démocratie n’est pas une fin en soi pour les Etats africains, il est nécessaire de réfléchir aux moyens idoines pour pouvoir, à défaut d’éviter la survenance des crises, aménager des moyens pacifiques de règlements des litiges.

Car il est clair que les élections en Afrique coûtent chère à nos pays aussi bien d’un point de vue financier que humain. Or il ne s’agirait que d’un processus de sélection des dirigeants, qui une fois élus, doivent s’atteler pour le bien être de toute la Nation. Celui-là seul qui mérite, si la nécessité s’impose, de faire couler le sang.

Mamadou Lamine DEMBELE

08 Septembre 2010.