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A l’initiative de l’Ambassade d’Espagne au Mali, des acteurs du processus de paix ont échangé avec le public dont les associations féminines hier mardi 06 septembre à Bamako. Il ressort des débats que la femme malienne, malgré qu’elle soit au cœur du conflit au Mali, est mise à l’écart dans la recherche d’une solution de sortie de crise au Mali.
Pour mettre l’accent sur le rôle des femmes dans le conflit au Mali, l’Ambassade d’Espagne au Mali a initié un débat ouvert, hier mercredi 06 septembre à l’Ecole de Maintien de la Paix, sur l’application de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ainsi Mbaranga Gasarabwe, Représentante Spéciale adjointe du Secrétaire Général de la Minusma, Pierre Buyoya, le Haut représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel, Mohamed Attaher Maiga, secrétaire général du ministère de la Promotion de la Femme, Mme Saran Keita Diakité, Présidente Réseaux Paix et Sécurité des femmes de l’Espace CEDEAO, Ibrahim Boncana, co-président du sous comité chargé de la réconciliation, justice et des questions humanitaires du bureau de la CEDEAO au Mali, Maxim Houinato, le représentant Résident ONUFEMMES, ont été conviés à débattre avec un public composé essentiellement de femmes et de responsables d’organisation féminine ( CAFO, FENACOF…).
Les femmes payent un lourd tribut à la grave crise que traverse le Mali. Cependant, elles sont reléguées au second plan dans la quête d’une solution idoine de sortie de crise. Et cela depuis l’entame des pourparlers inter-maliens. C’est ce qui ressort de ce débat ouvert intitulé « Femmes, Paix et Sécurité ». Et pourtant, la femme est incontournable dans le processus de paix, selon le Secrétaire Général du ministère de la promotion des femmes Mohamed Attaher Maiga qui mentionne leur participation à l’évaluation de l’ancien plan d’action national et à l’élaboration du nouveau plan. De l’avis de Mbaranga Gasarabwe, Représentante Spéciale adjointe du Secrétaire Général de la Minusma, en plus d’être des victimes, des femmes maliennes se sont battues et continuent à se battre. « Il faut mettre les femmes au cœur des actions. Et il y a un plaidoyer pour insérer les femmes dans toutes les actions », souligne la responsable onusienne. Exposant sur les conséquences du conflit pour les femmes au Mali, Mme Saran Keita Diakité, la présidente du Réseau Paix et Sécurité des Femmes de l’espace CEDEAO, a expliqué que la crise a impacté négativement la vie des femmes sur l’ensemble du territoire et en particulier les régions Nord du Mali. « Il y a eu des déplacements massives, des violences physiques, des violences sexuelles, psychologiques, économiques et culturelles. Près de 300 000 personnes dont 75% sont des femmes et des enfants ont fuit les régions du Nord et du Centre vers le Sud et les pays voisins devenant ainsi des déplacés et des refugiés. Ces femmes et ses enfants vivent aujourd’hui dans la précarité extrême. Une grande partie d’entre eux ayant perdu leur autonomie et leur fierté », a –t-elle détaillé, avant d’ajouter : « Les violences sexuelles sont les plus dévastatrices parmi les violences faites aux femmes. Plus de 300 cas de viols ont été recensés dans les zones occupés. Cependant leur implication dans le processus de recherche et de la consolidation de la paix au Mali reste marginale ».

Pour sa part, Pierre Buyoya, le Haut représentant spécial de l’Union Afrique pour le Mali et le Sahel a indiqué qu’il faut une meilleure représentativité au niveau des mécanismes de décision. Il a témoigné de l’absence des femmes lors de négociations inter-malien à Alger et dans la mise en œuvre de l’accord pour la Paix au Mali. « Les femmes ne sont pas représentés de façon équitable. Il y a des efforts à faire dans la participation des femmes dans le processus de paix. Il va falloir penser à la participation des femmes ». Un constat qui sera partagé par Ibrahim Boncana, le représentant de la CEDEAO qui s’interroge si c’est une volonté manifeste ou un mépris. « Le constat est amer. Contrairement aux dispositions de l’accord, au niveau du Comité de Suivi de l’Accord, il n’y a aucune femme», a –t-il dit. Les leaders des organisations féminines ont toutes souhaité un renversement de la tendance.

Quand à l’Ambassadeur d’Espagne au Mali, Mr Jose Maria Matre Manso dans son mot de remerciement a magnifié le rôle remarquable des maliennes dans la société. De son avis, elles sont à féliciter, car elles sont de tous les combats.

Madiassa Kaba Diakité

Du 7 Septembre 2016