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A bas la politique et tous nos acabits de politiciens, A bas le CNRDRE et son capitaine ‘’sans bateau’’, A bas le FDR et l’ensemble de ses fan’s, A bas la CEDEAO et ‘’son médiateur de carrière’’, A bas ATT et tous ses compagnons généraux entretenus par le Mali pour nada, A bas tous les maliens qui ne pensent aujourd’hui que pour leurs propres intérêts, A bas…, A bas…, A bas… je ne cesserai de dire tant je suis choqué et meurtri par la situation actuelle de mon pays.

Les 2/3 du Mali sont occupés par des bandits armés. Les populations du Nord sont terrorisées, humiliées et abandonnées à leur triste sort. La dignité, l’intégrité et les valeurs du pays sont bafouées dans leur plus grande profondeur. La faim, la peur, la soif, la psychose, la lamentation, l’indignation, le désespoir, l’humiliation …sont en train d’arracher à des citoyens de cette nation ce qu’ils ont de plus chère dans leur vie : l’amour, bien sûr celle pour leur patrie.

Nos forces de défense et de sécurité, nos élus locaux, nos autorités administratives et civils et, le comble de l’absurdité, même nos valeurs et coutumes ont abandonné la patrie et plusieurs de ses fils entre les mains d’inconnus, d’ennemis et de quelques oiseaux de mauvaise augure. L’état n’existe plus ; Nos hommes politiques ont failli ; Nos ‘’soi-disant’’ amis nous ont trahi ; Notre armée-Mali, bien sûr celle qu’a chanté Djéneba SECK et que nous avons dansé avec tant de fierté, nous a lâché ; Les maliens, sans aucunes distinctions, ont pêché soit par inattention ou sciemment ; Le peuple ne s’est pas assumé…Bref, tout ceci n’est qu’un secret de polichinelle.

Mais, qu’avons-nous fait pour renverser cette tendance et libérer notre nation ? Rien (foyi, poutrèhè). Etait-ce çà le deal ? Devrait-être cela notre réaction ? Aurions-nous oublié la situation dans laquelle se trouve nos siens ? Avant d’y répondre, permettez moi chers lecteurs de rendre un vibrant hommage au COREN, au mouvement ‘’Cri de Cœur’’ et autres associations de jeunes qui ont comblé avec brio ce vide politique et su apporter ne serait-ce qu’une dose d’espoir à ces populations abandonnées du Nord.

Le deal, notre engagement à nous tous, était de libérer notre pays et ramener la paix dans toutes ses régions. Notre réaction, celle dont nos dignes ancêtres et illustres personnalités attendaient de nous, était de placer le Mali au dessus de nos intérêts personnels et égoïstes pour sauver le Nord et, par ricochet, l’avenir des générations futures.

Hélas, nous avons opté pour d’autres priorités. L’intérêt et la volonté de nos hommes politiques ont été privilégiés par rapport à ceux du peuple malien. Ce choix a eu pour conséquences le retour à l’ordre constitutionnel, un véritable désordre politique, l’installation d’un climat de règlement de compte, tout en annonçant une crise interne inévitable. La société, la nation et la paix ont été écartées au profit de la politique, le CNRDRE, ses adversaires et le consensus. Et pour résultat : le Nord et ses populations sont mis aux oubliettes et tant pis pour Kidal, Gao et Tombouctou car au Mali les affaires se gèrent à Bamako.

Il parait que la gestion du problème du nord passe forcément pas le retour à l’ordre constitutionnel, la mise en place des institutions de la république. Autrement dit, une certaine stabilité politique et un consensus entre tous les acteurs du pays. Chose que je partage absolument. Mais dans la mesure où cette stabilité politique, tant recherchée, peine à se faire un chemin ou se détériore de jour en jour, je crois qu’il faut revoir les choses. Face à ce statu quo et cette confusion embarrassante, nous avons deux choix. Il faudra gérer le plus rapidement possible la précaire situation politique actuelle avec la mise en place d’un gouvernement et la clarification des différentes responsabilités.

C’est-à-dire l’élaboration d’une feuille de route pour la transition avec la fixation d’un timing, des missions spécifiques, ainsi que la place et le rôle de tout un chacun. Ou, assister au déclin du Mali et à la souffrance de nos parents qui vivent dans les localités occupées et qui subissent au quotidien les affres de ce naufrage collectif dans lequel nous sommes tous coupables. La libération du Nord, l’assistance humanitaire des populations déplacées, la défense de l’intégrité du pays : telles doivent être les seules priorités aussitôt le gouvernement mis en place.

Pour ceux qui trouveront mes propos choquants, ne voyez pas le journaliste mais plutôt le jeune malien bouleversé par cette crise. Je vous prie d’accepter ces mots avec humilité et objectivité, car ils ne proviennent que du cœur des millions de sans voix qui me chargent de vous les portez. Pour ceux qui les comprendront à leur juste valeur, mobilisons nous autour du COREN ou le collectif ‘’Cri de Cœur’’ pour sauver notre pays et libérer le nord. Les politiques et le CNRDRE, sensés s’en occuper, ont d’autres préoccupations : le pouvoir. Laissons les donc s’entre-tuer ou se partager le gâteau et faisons preuve de sursaut patriotique pour le pays et la nation.

FOUSSEYNI MAIGA

Presse Universitaire du Mali

Le Flambeau du 25 avril 2012