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La défense du général Gilbert Diendéré, cerveau présumé du putsch manqué de 2015 au Burkina Faso, a dénoncé lundi à son procès une instruction « uniquement à charge ». « Le juge (d’instruction) a refusé que mon client lui parle des causes de ce qui est arrivé. Si ces éléments ne peuvent pas le décharger, ils peuvent mitiger sa responsabilité « , a estimé Me Jean Yaovi Degli, l’un des avocats étrangers du général Diendéré, au neuvième jour de sa comparution au procès des putschistes. « Lorsque quelqu’un est menacé par la peine (de prison) à perpétuité, la moindre des choses c’est de lui permettre de se défendre de la manière la plus entière », a estimé l’avocat togolais, faisant aussi allusion à certaines conversations téléphoniques du général Diendéré qui ne figurent pas dans le dossier. « C’est curieux et étonnant que les appels et messages effectués sur la période du 16 (date du putsch) au 22 septembre 2015, ne figurent pas dans le dossier », a déclaré à la barre le général Diendéré. « L’expertise de mes téléphones n’a pas été faite de façon convenable, a-t-il martelé, invitant le tribunal à prendre les dispositions pour que ses conversations ressortent dans le dossier, « pour la manifestation de la vérité ». Ancien chef du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’unité d’élite de l’armée qui a perpétré le coup d’Etat, Diendéré est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, trahison et meurtres, lors du putsch manqué qui a fait 14 morts et 270 blessés en septembre 2015. Diendéré dément être à l’origine du coup de force raté, bien qu’il ait pris la tête du Conseil national pour la démocratie,…AFP