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Ils étaient au départ 178 bénéficiaires des 1008-Logements sociaux de Yirimadio à devoir un peu plus de 73 millions de F CFA à l’OMH au titre d’arriérés de location. La plupart d’entre eux s’étant mis à jour, il reste une vingtaine à régulariser leurs situations. Ces derniers qui cumulent des arriérés de plus de 7 millions sont traduits devant le Tribunal de la Commune VI et sont même menacés d’expulsion.

Le 5 décembre 2007, l’Office malien de l’habitat (OMH), qui agit en lieu et place de l’Etat, a décidé de recouvrer les créances sur 178 bénéficiaires des 1008-Logements sociaux de Yirimadio. Il s’agit d’une vaste opération de recouvrement de dettes, qui concerne l’ensemble des locataires des logements sociaux qui n’auraient pas honoré leurs engagements contractuels vis-à-vis de l’OMH.

Selon le contrat qui lie l’OMH aux bénéficiaires, ces derniers doivent payer mensuellement le tiers cessible de leurs salaires correspondant au prix de location des maisons sur une période de 25 ans au bout de laquelle ils seront propriétaires.

La procédure devait être engagée bien avant décembre 2007. Comme la période coïncidait avec une année électorale (présidentielle et législatives en avril et juillet) des injonctions ont dû être données à l’OMH de mettre la pédale douce.

Les obligations contractuelles n’ayant pas été respectées par une centaine de personnes, l’OMH a alors engagé la procédure de réclamation de ses dus d’un montant total de 73 millions de F CFA. Il a envoyé dans un premier temps à ses débiteurs une lettre de rappel, ensuite une lettre de relance et une sommation.

Il semble qu’au départ, l’OMH n’avait pas été pris trop au sérieux par certains, qui se croyaient inébranlables. Il s’agit de ceux-là qui estimaient avoir été gratifiés d’un don du ciel, car ayant reçu leurs clés du couple présidentiel ou de son entourage immédiat.

La corde au cou

Forts de cet appui du pouvoir temporel, il y en a qui avaient même créé une association pour échapper aux griffes de la justice. Mais ils ont vite déchanté en ce sens que leurs cris de cœur n’ont jamais été entendus en bon lieu. Au contraire, le chef de l’Etat, initiateur des logements sociaux, a chaque fois profité des cérémonies d’inauguration ou de pose de première pierre pour appeler les uns et les autres au paiement régulier pour pérenniser le programme.

C’est en désespoir de cause que les concernés ont accepté de mettre la main à la poche pour solder leurs comptes. La vingtaine de débiteurs restants sont dans l’engrenage de la justice. Une première audience les concernant s’est déroulée le 3 avril 2008, une deuxième le 10 avril et une autre est attendue le 24 courant. Ils doivent à l’OMH environ 7 millions de F CFA.

Les deux avocats commis par l’OMH, Mes Mangara et Kodio, ont reçu mandat de leur client d’épurer le principal (somme due au titre des arriérés de location) et les frais de justice (honoraires d’avocats, d’huissiers et la consignation). Ceci est l’ultime chance qui leur est ouverte pour garder leurs maisons. Au cas échéant, ils tombent sous le coup de l’expropriation au profit d’autres personnes sur la liste d’attente.

La même procédure de recouvrement de créance attend ceux des 320, 501, 759 logements de Yirimadio et les 90 logements de la Cité de la solidarité de Sotuba.

Abdrahamane Dicko

15 avril 2008.