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Le Syndicat National de l’Education et de la Culture (SNEC), face à la dégringolade actuelle de notre éducation, tire la sonnette d’alarme en cette période de reprise des cours. En même temps il réitère son engagement au combat syndical. Ces informations ont été relayées hier à la Bourse du Travail lors d’une conférence de presse organisée par les responsables dudit syndicat.

LE SYSTEME EDUCATIF MALIEN MALADE

Malgré les efforts consentis par le gouvernement, l’école malienne continue sa lente et progressive descente aux enfers. Si d’un côté, les pères de l’indépendance avaient opté pour une politique éducative en matière de formation du citoyen malien, artisan de son propre destin, enraciné dans sa culture traditionnelle tout en étant ouvert au reste du monde, savoir, un homme respectable détaché du rôle de subalterne auquel l’avait prédestiné le système colonial, la relève demeure toujours une grande question.

La réforme de 1962, avec un enseignement de masse et de qualité de l’ère du régime socialiste malien, a longtemps cohabité avec le régime militaire du 19 novembre 1968 et de l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM) de mars 1979.

A partir des années 80, des enseignants ont été marginalisés, humiliés “clochardisés” par la faute des princes en kaki.
Pour mémoire, le Maître du Premier Cycle (MPC) et le Maître du Second Cycle (MSC) étaient qualifiés respectivement de Malien Privé de Confort, et de Malien Sans Confort. Que l’on s’en souvienne surtout !

PROGRAMMES D’AJUSTEMENT STRUCTUREL

En 1985, l’école malienne fut soumise aux rigueurs des programmes d’ajustements structurels par les Institutions Bancaires et Monétaires Internationales, très peu regardantes sur les impacts socio-économiques des travailleurs de l’éducation.

Dans les années 90, l’ère de la démocratie arriva et le vote permit à de nombreux enseignants de briguer des postes électifs, ce nouveau phénonème accentua d’une certaine manière le déficit d’enseignants.
L’adoption de la Loi d’Orientation et l’application du PRODEC ont permis la réouverture des Ecoles de Formation des Maîtres et du coup une certaine relance dans le relèvement de l’effectif du personnel enseignant qualifié.

Des réflexions menées çà et là par les Organisations de la Société Civile (OSC), les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et l’Etat ont abouti aux mêmes constats d’échecs. Les solutions idoines proposées souffrent d’insuffisances avant terme.

DE LA VOLONTE POLITIQUE

Le manque de volonté politique par le fait de l’octroi de ressources inadéquates a favorisé l’avènement d’autres types d’écoles (Ecoles Privées, Ecoles de Bases, Ecoles Communautaires et Centres d’Education pour le Développement) signes patents du désengagement de l’Etat malien.

De 1962 à 2005, que de méthodes ! Du GRP au CLAD en passant par le BELC, Méthode Mali ; PC et aujourd’hui le Curriculum, aucune de ces méthodes n’est arrivée à terme.

De toute évidence, les nombreuses innovations pédagogiques non assimilées, mal appropriées, mal appliquées, insuffisamment suivies et évaluées nous laissent perplexe.

Le manque de courage de certains décideurs et des collègues enseignants qui, au lieu de dénoncer le mécanisme, s’acharnent plutôt sur les perdiem et primes de sessions de formation à ne pas en finir. Quels gâchis ! Et que dire de nos pauvres élèves devenus des cobayes d’expérimentation?

Il est temps de dire non. Oui, c’est au nom du Mali que vous devez refuser ces hypothétiques aventures.

TIBOU TELLY

Selon Tibou Telly, secrétaire général du SNEC, la situation universitaire et scolaire est extrêmement difficile malgré l’existence du Programme Decennal (PRODEC). Et elle est devenue un milieu maléfique, malgré cet état, le SNEC sera toujours fidèle à ses engagements qui consiste à mettre sur la table des propositions concrètes.

En outre, il a annoncé le soutien du syndicat au professeur Bassirou Minta, l’auteur du sujet de dissertation la “Maîtresse du président de la République” et au comité syndical de la FSEG et FSJP qui a décidé de sursoir aux corrections des copies d’examens et de devoir jusqu’à l’abrogation des décisions de mutation arbitraire des membres et militants syndicaux et le rétablissement de la légalité de l’administration dans les deux facultés.

Le SNEC s’est également retiré de la commission, de travail du ministère de l’Education suite à des actions inacceptables qu’il a été victime de la part du département.

La cérémonie a été bouclée par une série de questions et la réélection de Mme Doumbia Mama Koité comme présidente régionale du Réseau de Développement et de Communications des Femmes Africaines /FEMNET à l’issue de la conférence de programmation et de l’Assemblée Générale de FEMNET tenues du 26 au 29 septembre 2007 à Nairobi.


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

03 octobre 2007.