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Malgré les multiples efforts déployés par l’Etat et ses partenaires à travers des formations et des ‘’recyclages’’, l’armée malienne connait toujours des problèmes que les autorités du pays doivent solutionner rapidement pour lui permettre d’assurer sa mission régalienne. Elle fait souvent l’objet d’attaques avec à la clé, des pertes tant en matériels qu’en vies humaines. Une situation que d’aucuns qualifiaient d’incompétence de la part de Tièman Hubert Coulibaly, ministre de la Défense et des Anciens Combattants demis de ses fonctions le samedi 3 septembre dernier.
Le régime d’IBK a hérité d’un pays gangrené par des maux dans les domaines (santé, éducation, économie, justice, sécurité, etc.). Et l’armée aussi a été sérieusement touchée par cette situation. C’est pourquoi, la tâche est très difficile pour le régime surtout qu’il doit faire face à tout et en même temps.

L’un des secteurs les plus touchés par cette gangrène est celui de la sécurité et de la défense. Pour des observateurs avertis de la situation, cela remonterait à l’ère d’Alpha Oumar Konaré. Avant que la situation ne pourrisse davantage sous le président Amadou Toumani Touré.
Selon un officier à la retraite dont nous tairons le nom, le président ATT a ouvert la porte de l’armée à tout le monde. Et du coup, les recrutements ne se faisaient plus par vocation encore moins par aptitude. Mais seulement à travers les relations et surtout pour faire face au chômage des jeunes.

C’est pourquoi dit-il, lors de la rébellion, il ne cessait d’appeler à la négociation car connaissant bien les capacités de son armée. C’est d’ailleurs pour cela poursuit-il qu’il y’avait autant de replis tactiques lorsque la rébellion s’est déclenchée à nouveau en 2012. Le manque d’équipements et de formation des militaires ajouté à d’autres facteurs vont conduire les militaires à quitter le Nord du Mali. Cela va aboutir à un coup d’Etat contre son régime le 22 mars 2012 après plusieurs marches et manifestations des militaires et familles de militaires demandant des équipements pour leurs proches au front.

En héritant d’une telle armée touchée jusqu’au commandement, le défi de la sécurité est difficile à relever pour le régime actuel. Surtout qu’actuellement, il y’a la montée en puissance des groupes terroristes et narcotrafiquants qui se cachent derrière l’Islam pour semer la psychose. Des faits nouveaux auxquels les Maliens et leur armée n’étaient pas habitués. A cause de tous ces facteurs, le régime d’IBK et ses partenaires, malgré leurs multiples efforts déployés pour permettre à l’armée malienne d’assurer sa mission régalienne de sécurisation des personnes et leurs biens et de défense du territoire national n’arrive toujours pas à faire face au défi sécuritaire. Et malheureusement, elle enregistre chaque jour presque, des attaques qui font des blessés, des pertes énormes en vies humaines et en matériels. Comme ce fut récemment le cas à Nampala et plus récemment à Boni il y a juste quelques jours.

Des situations que certains n’hésitaient pas à imputer à Tièman Hubert Coulibaly qui pour eux, avait montré ses limites et n’arrivait pas à jouer son rôle de ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Finalement, il a été démis de ses fonctions par le président IBK à la veille de son troisième anniversaire à la tête du Mali. Faisant ainsi de lui, selon certains, l’agneau sacrificiel des trois d’IBK au pouvoir. Il a été remplacé par Abdoulaye Idrissa Maiga dont l’ancien portefeuille dans le gouvernement a été confié à Mohamed Ag Erlaf qui est désormais ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation.

Imputer la situation actuelle de l’armée malienne à IBK ou à Tieman Hubert Coulibaly, c’est mal connaitre l’armée malienne. Car le mal vient de loin et ne date pas d’aujourd’hui. Seulement, les militaires maliens font face à une nouvelle guerre à laquelle ils ne sont pas préparés. Et aussi, ils n’ont pas les équipements adéquats pour ce faire. Il s’agit d’une guerre asymétrique dans laquelle, l’on ne connait pas le vrai visage de son ennemi que peut attaquer à tout moment. C’est pourquoi, le nouveau ministre de la Défense Abdoulaye Idrissa Maiga a vraiment du pain sur la planche puisqu’il hérite d’une armée où il y’a beaucoup à faire.

Modibo Dolo

Du 7 Septembre 2016