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Le directeur général des éditions Jamana, président de l’Organisation malienne des éditeurs du livre (Omel), a déballé la problématique de l’édition en langues nationales au Mali et proposé des solutions.

«Problématique de l’édition en langues nationales : cas du Mali», « les contraintes lies à l’édition et à la distribution des manuels scolaires en langues nationales« sont les deux sous-thèmes que Hamidou Konaté, président de l’Omel, et Hamidou Namparé de la direction nationale de la pédagogie (DNP) ont animé à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle fêtée chaque 21 février.

En présence des personnalités du département de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, du monde de l’édition, des enseignants, les deux spécialistes ont séduit l’assistance par la qualité de leurs communications. «L’Afrique accorde-t-elle une place de 1er choix à l’écriture ? Quelle est celle accordée a fortiori à l’édition en langues nationales ? Quel est l’état actuel de l’édition en langues nationales ? Quels sont ses problèmes spécifiques ? «s’est interrogé le DG des éditions Jamana à l’entame de sa communication.

Pour M. Konaté, les premières maisons d’édition installées en Afrique ont été l’œuvre des missionnaires ou des intellectuels très engagés pour l’Afrique : Présence Africaine. La grande partie des productions était en langue française. A ses dires, l’édition en langues nationales n’a connu un essor significatif qu’à partir des années 1990, malgré les efforts d’alphabétisation des années 1970.

Le Mali compte à ce jour plus d’une quinzaine de maisons d’édition malgré l’adoption par l’Etat d’une politique d’encouragement des livres conçus et produits par des nationaux et d’autre part par le grand intérêt que nombre de nos compatriotes accordent au livre.

Aujourd’hui, la plupart des livres scolaires au fondamental sont produits par des Maliens. Toutefois, fera-t-il note, l’édition en langues nationales reste le parent pauvre pour divers motifs : faible lectorat, faible pouvoir d’achat des populations cibles, faible attention accordée par les éditeurs à l’édition en langue nationale, absence de volonté politique.

Des solutions, le président de l’Omel en a proposé. Il s’agit de la mise en place d’un système d’écriture standard aussi bien dans l’élaboration des livres que dans tous les écrits officiels : médias, imprimés de ville, panneaux publicitaires, etc. La décentralisation doit être une opportunité à saisir pour faire la promotion réelle des langues nationales.

La mise en place d’un fonds d’aide à l’édition en langues nationales pour leur donner toute leur place et importance dans le paysage éditorial ; faire d’une conditionnalité de nomination ou d’élection à certain poste le savoir lire et écrire au moins une langue nationale font partie des propositions de M. Konaté. Et de conclure « qu’éditer en langues nationales est un acte qui participe à la volonté de décomplexer les rapports entre les populations et à poursuivre l’œuvre de décolonisation des mentalités« .

Amadou Sidibé

Le 23 Février 2012