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Il concerne les régions de Koulikoro, Ségou, Mopti pour une durée de quatorze mois avec un coût global de plus de quatre milliards de francs CFA.

Le Mali, pays à vocation essentiellement agro-sylvo-pastorale, est confronté, depuis les années soixante dix, à l’instar d’autre pays de la sous région, à une sécheresse récurrente hypothéquant le développement du secteur agricole, c’est-à-dire le développement du pays.

Les activités pastorales, agricoles, forestières et piscicoles de nos Etats dépendent fortement de la pluviométrie.

En effet, personne ne peut douter qu’un déficit dans la pluviométrie entraînera la sécheresse, qui peut compromettre dangereusement la production de toute une campagne.

La sécheresse, facteur favorisant la désertification, fragilise les écosystèmes soumis aux effets conjugués du climat et des actions néfastes de l’homme. Elle engendre également d’autres conséquences, telles que la diminution des perspectives de récoltes et la paupérisation des couches rurales.

Quant à la désertification, elle constitue le principal facteur de réduction du couvert végétal, du dépérissement des arbres et des forêts, de la baisse de fertilité des sols, de la disparition d’espèces animales, de la réduction des superficies de terres arables, de l’insécurité alimentaire, de l’exode rural, de l’effritement du tissu social.

La sécheresse et la désertification, phénomènes complexes et multidimensionnels touchant plus d’un milliard de personnes constituent, à n’en pas douter, des problèmes d’environnement et de développement qui affectent l’environnement local et le mode de vie des populations.

Elles constituent à la fois des conséquences du mal développement durable de nos pays. La sécheresse et le déficit pluviométrique qui ont affecté le Sahel pendant la campagne agricole 2004-2005 en sont la parfaite illustration.

Devons-nous face à cette incertitude pluviométrique, adopter une attitude attentiste ? La réponse est assurément non. Nous devons agir, agir vite car les conséquences néfastes de la sécheresse sont impitoyables.

Nous devons éliminer les réflexes fatalistes et faire comprendre que chacun a la possibilité et le devoir de poser des actions concrètes pour inverser la tendance.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que la recherche de solutions à cette problématique passe forcément par la recherche scientifique en vue du développement de techniques et de technologies pouvant en limiter les effets négatifs, comme l’insécurité alimentaire, l’exode rural…

C’est pourquoi, le gouvernement du Mali, a, sur instruction de son Excellence Amadou Toumani Touré, mis l’accent sur la promotion de la technologie des pluies provoquées.


Qu’en est-il du phénomène des pluies provoquées ?

Selon Daouda Zan Diarra, chef de Division agro météorologique, les raisons des pluies provoquées s’expliquent par la situation qui prévaut, notamment la fréquence des retards de début des saisons de pluies.

Ainsi, en conformité avec les autres pays du sud, le gouvernement du Mali a demandé aux structures techniques d’élaborer un programme de pluies provoquées à l’instar des autres pays du Sahel, comme le Burkina-Faso, le Sénégal qui ont respectivement quatre et deux années d’expériences dans le domaine des pluies provoquées.

C’est seulement cette année que le Mali a commencé à appliquer le programme.

Les pluies provoquées ne sont autre chose que l’ensemencement d’un nuage pour augmenter la quantité afin que le nuage se précipite avant qu’il ne se dissipe.

Le but visé par ce programme de pluies provoquées est de réduire les conséquences de la sécheresse afin de garantir la sécurité alimentaire. L’objectif est d’aider à un bon démarrage de la saison agricole.

Signalons que ce phénomène de pluies provoquées demeurait jusque là un rêve pour bon nombre de Maliens. Mais avec la volonté de nos plus hautes autorités, il est enfin devenu réalité.

Moussa TOURE

14 août 2006.