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Plus de 6 600 enfants mendiants recensés en 2007 à Bamako, Mopti et Ségou


Selon une étude menée par la Direction Nationale du Développement Social auprès des adultes et des enfants mendiants à Bamako et dans deux régions (Ségou et Mopti) 6 664 enfants mendiants ont été recensés.

C’est ce qui ressort dans le document de plaidoyer pour la lutte contre la mendicité des enfants du groupe de réflexion sur les droits de l’enfant, qui a été soumis, le mardi 1er juillet, aux décideurs politiques. C’était au cours d’une conférence-débat sur la problématique de la mendicité des enfants au Mali. C’était au Club Américain à Djicoroni Para.

Le groupe de réflexion sur les droits de l’enfant est un regroupement de douze structures qui oeuvrent dans le domaine des enfants et des jeunes en situation difficile.

Il s’agit de la Direction nationale de la protection de l’enfant et de la famille, la direction régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille du District de Bamako, l’Association pour la promotion de la femme et de l’enfant (Aprofem), Caritas Mali, Coaching For Hope, Enda Tiers Monde Mali, la Fédération Malienne des Associations des Personnes Handicapées (FEMAPH), le Groupe d’Animation Action au Sahel (GAAS Mali) les Ong Guamina, International Service, Jeunesse et Développement et Jigi.

Ce groupe de réflexion a vu le jour en septembre 2007 sur l’initiative de International Service, une organisation non gouvernementale britannique implantée en Afrique de l’Ouest au Mali et au Burkina.

La conférence-débat du 1er juillet au Club Américain sur la problématique de la mendicité des enfants au Mali avait pour objectif d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur différentes questions, notamment la violation des droits de l’enfant qui constitue, selon le groupe de réflexion, le phénomène de la mendicité et sur la nécessité de la mise en œuvre du programme de lutte contre la mendicité.

Une occasion également pour informer et sensibiliser les leaders religieux, les parents d’enfants, les maîtres coraniques, les décideurs et les enfants eux-mêmes sur les dangers auxquels les enfants-mendiants sont exposés dans la rue.

La représentante du ministre en charge de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diallo Mama Diarra, était très heureuse en présidant cette conférence-débat sur le phénomène de la mendicité.

Dans le document de plaidoyer pour la lutte contre la mendicité des enfants du groupe de réflexion sur les droits de l’enfant, il ressort que la mendicité des enfants est un problème qui a plusieurs dimensions au Mali.

Plusieurs catégories d’enfants mendiants ont été identifiées. Il s’agit des enfants talibés, les enfants jumeaux, les enfants en rupture avec la famille. Sans oublier les enfants qui guident les personnes handicapées mendiantes et les enfants qui vivent dans la rue.

S’agissant des causes de la mendicité des enfants, le conférencier Moriba Camara estime que «la mendicité est un phénomène lié à plusieurs aspects de la vie notamment la pauvreté, la tradition et la religion». Selon lui, la cause principale de la mendicité est liée à la pauvreté.

D’après une étude menée par la Direction Nationale du Développement Social en 2005, 20 579 mendiants dont 5020 enfants ont été recensés uniquement à Bamako. Plus récemment, à travers une autre étude menée auprès des adultes et enfants mendiants en 2007 par la même structure dans trois régions (Ségou, Mopti et Bamako) 6 664 enfants mendiants ont été recensés.

Le groupe de réflexion sur les droits des enfants est convaincu que la lutte contre la mendicité doit être gagnée par une combinaison de textes législatifs et des projets et interventions concrets.

Pour remédier au phénomène de la mendicité des enfants, il propose la formalisation des écoles coraniques comme cela a été fait avec les medersas, la vulgarisation et l’application des textes de loi relatifs à la protection des enfants pour une meilleure appropriation par la population, l’opérationnalisation du programme de lutte contre la mendicité avec un budget approprié et des mesures concrètes.

Il propose également de mener une étude sur le plan national sur la question de la mendicité avec la participation des enfants, jeunes et parents. Sans oublier l’installation des délégués à la protection de l’enfance comme prévu dans le Code de protection de l’enfant au Mali.

Alou B HAIDARA

07 Juillet 2008