Partager


Denrée de grande consommation dans les foyers au Mali, le riz n’en finit plus de donner du fil à retordre aux chefs de famille. Son prix, qui est déjà « inaccessible » pour bon nombre de nos compatriotes, ne devrait pas connaître de sitôt de baisse selon des commerçants céréaliers, et ce en dépit des exonérations décidées par l’Etat.

Comme annoncé par le président de la République, le prix du riz monte en flèche, au grand dam des consommateurs. En fonction de la qualité, le sac de 100 kg varie désormais entre 33 000 F CFA et 35 000 F CFA. « Le prix du riz cette année, comparé à celui de l’année dernière à la même époque est très cher. Entre juin-juillet où allons nous trouver du riz ? », s’interroge le chef de l’Etat. Au-delà de sa « capitulation », ATT a bien raison de s’inquiéter, car la situation présente ne présage guère futur apaisé en matière de prix du riz, du moins pour les vendeurs de cette denrée très consommée au Mali.

« Nous prévoyons une hausse du prix du riz dans les jours à venir, car les facteurs qui concourent à l’accalmie ne sont pas réunis cette année » , pense Djibril Diarra, vendeur de riz à côté de la grande mosquée de Bamako. A l’en croire, la solution « palliative » proposée par les autorités, à savoir les exonérations, ne répond point aux attentes. Non seulement, la nature des exonérations est « douteuse », mais aussi le riz importé n’est pas de « bonne qualité ». « Le riz que nous importons n’est pas de bonne qualité dans la mesure où il fait souvent des années avant d’être importé chez nous. Certains sont même à peine comestibles », regrette un vendeur.

Ce qui fait que les consommateurs ne sont pas du tout enclins à le payer. « Les clients préfèrent le riz produit à l’Office du Niger. Certains sont vraiment peinés d’acheter du riz importé parce qu’ils se plaignent soit de son goût qui ne leur est pas familier soit de sa qualité », témoigne Djibril Diarra. L’importation du riz ne « pourra donc pas sauver la situation étant donné que le riz proposé ne sera pas compatible avec le vœu des clients », ajoute un autre vendeur. Qui plus est, souligne-t-il, la facilité d’importation donnera lieu à l’introduction de « toutes sortes de riz et probablement du riz pour animaux » sur le marché.


« L’exportation anarchique » dénoncée

Cependant, cette année, « l’ON n’a pas produit suffisamment de riz », à en croire des vendeurs, d’où l’hypothèse de la pénurie de la denrée, qui est une cause de la montée vertigineuse. Ce qui navre ces vendeurs, c’est le fait que le riz local est « abusivement exporté ».

« On exporte le riz de chez nous alors que les gens n’en ont pas suffisamment. Comment voulez-vous que les citoyens aient accès au riz de bonne qualité à un prix abordable ? », se demande un autre vendeur.

Toutes choses qui conduisent les vendeurs à conclure que « le riz ne connaîtra pas de baisse dans un avenir proche. Les Maliens devront composer avec cette donnée s’ils ne veulent pas renoncer à la consommation du riz », avertissent des céréaliers.

Entre-temps, les consommateurs sont partagés entre amertume et crainte de ne pas se voir privés d’une denrée « précieuse ». Ils sont attristés de voir le riz « monter librement comme un oiseau qui vole », et sont de plus en plus sensibles aux allégations de future hausse des vendeurs.

Dans le capharnaüm de la « Maison des artisans », une femme, au milieu d’autres, crie : « Qu’allons nous manger aujourd’hui ? Le kilo du riz est à 350 F CFA et le sac n’en parlons même pas. Peut-être des galettes et du riz en espérant que le riz revienne au niveau du pays réel ».

En tout cas, les vendeurs ne prédisent pas de baisse pour l’heure et s’autorisent même à décréter le sauve-qui-peut.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

1er avril 2008.