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Cette rencontre avec la presse s’inscrivait surtout dans le cadre d’une prise de contact. M Feler, faut-il le rappeler vient de prendre fonction au Mali. Mais actualité obligeant, les entretiens ont porté sur plusieurs sujets à savoir, le FMI et son mode de fonctionnement, la crise internationale, son impact sur l’Afrique Sub-saharienne et le Mali en particulier, les dossiers de la privatisation et de la restructuration, entre autres.

A ce sujet, M Feler a rappelé la nécessité pour le Gouvernement Malien à procéder, dans les délais requis à la reforme structurelle du secteur coton, reforme qui prévoit la privatisation de la CMDT ; du plan de recapitalisation de la BHM, pour lequel l’Etat malien a déjà exécuté une première tranche portant sur plus de vingt milliards de nos francs permettant ainsi à la banque de retrouver un premier souffle. S’agissant d’une nouvelle structure tarifaire d’EDM. S.A, l’Etat malien s’est toujours montré réticent, pour des raisons sociales, à cautionner tout schéma susceptible de provoquer une hausse des tarifs des produits de cette société.

Monsieur Feler s’empresse de dire que les Institutions de Breton Wood, en l’occurrence le FMI, sont loin des monstres auxquels l’imaginaire populaire les assimile très généralement. Le FMI explique-t-il, est comme le dentiste. On ne le consulte que lorsque le mal devient insupportable. Mais au moment d’arracher la dent, il est susceptible de causer beaucoup plus de douleur chez le malade. Mais le soulagement passe par là….

Les réticences justifiées d’un Etat par rapport à un programme d’ajustement peuvent bien obtenir l’adhésion du Fonds d’où des dérogations accordées à certains pays.

Le Mali, poursuit-il, a eu droit à ces dérogations par rapport au non respect par l’Etat du délai lancement de l’appel d’offre pour la privatisation de la SOTELMA et sur le critère de réalisation relatif à la fiscalité pétrolière (en tenant compte des circonstances particulières de la crise des prix pétroliers et alimentaires.

Autres gestes de bonne volonté de la part du FMI : son rôle essentiel dans le cadre de l’allégement de la dette (initiatives PPTE et IADM) à cause de sa caution morale et de son label.

Sans être totalement épargné par la crise financière internationale, indique M Feler, le Mali bénéficiera courant 2009 de facteurs apaisants grâce à un heureux concours de circonstances imprévues. Il s’agit :

– De l’amélioration des termes de l’échange sous l’effet combiné de la bonne tenue des cours de l’or (70% des exportations brutes du Mali) et d’une baisse des cours du pétrole et des produits alimentaires par rapports aux sommets atteints en 2008

– De la Baisse des transferts de migrants, mais probablement limitée

– Du Maintien confirmé des intentions d’aide publique au développement

De l’augmentation de l’investissement étranger direct, du a la privatisation de la SOTELMA.

Monsieur Feler prévoit cependant un probable ralentissement de la croissance économique mais en deçà des estimations (secteurs coton, tertiaire). Il invite en outre les autorités à surveiller de près certaines recettes publiques, telles les impôts.

B.S. Diarra

Aurore du 05 mars 2009