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L’acquisition de locomotives, de voitures neuves et la cession de la majorité des actions à Transrail avaient suscité des espoirs chez les populations riveraines des rails. Le Collectif citoyen pour la restitution et le développement intégré du rail malien (Cocidirail) a, au cours d’une conférence de presse hier à la Bourse du travail, fait cas de promesse non tenue par le chef de l’Etat. Ce qu’il considère comme une trahison vis-à-vis de la Cité des Rails.

En prélude à la célébration de son quatrième anniversaire, prévue le 10 octobre 2007, le Collectif citoyen pour la restitution et le développement intégré du rail malien (Cocidirail) a organisé une conférence de presse hier à la Bourse du travail. Il s’agissait, pour le Collectif, de faire le point des dernières évolutions concernant la situation des populations installées aux abords des rails en relation avec la promesse électoraliste faite par ATT pour l’acquisition par le Mali de nouvelles locomotives et voitures.

« Je vous avais promis le train voyageur. Il est là. Nous avons acheté 3 locomotives et 38 voitures avec toutes les commodités. Cela a coûté au total plus de 13 milliards de F CFA. Bientôt le trafic va être effectif et toutes les gares seront rouvertes progressivement ».

Ainsi s’exprimait le président de la République, Amadou Toumani Touré mi-mars 2007 dans la ville de Kayes, Capitale des Rails. C’était à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle du 29 avril 2007. Mais, plus de 4 mois après la campagne et sa réélection pour un second et dernier quinquennat, l’on assiste au lever du jour, donc des désillusions.

Aujourd’hui, les populations vivant le long des rails, déchantent après avoir vu ATT à bord d’un train flambant neuf mener sa campagne tambour battant. Elles ignorent où sont passés les 3 locomotives et 38 voitures avec toutes les commodités ? Où est le train voyageur ? Et où sont toutes les gares rouvertes ?

Ces questions restent désespérément sans réponse après la réélection d’ATT par plus de 70 % des voix. « Tout ce que les populations ont vu, avant et après leur vote, c’est une nouvelle locomotive qui tire les vieilles rames de voitures. Et pour cause, sur les 3 machines acquises, 2 provenant d’Argentine n’étaient pas neuves, mais on ne les voit même plus » , a expliqué Mohamed Tabouré, chargé de communication de Cocidirail.

Plus de 615 travailleurs dans la rue

Selon lui, le gouvernement ATT, qui se plaît à donner l’illusion d’être le sauveur providentiel des rails ne trompe personne car, dira-t-il, l’heure de la vérité a sonné. « ATT a encore une fois trahi, comme en 2003 le peuple, joué le suiviste derrière Wade pour s’acharner à poursuivre et réussir avec Vecturis une concession dont l’échec patent en termes de désastre économique et humain, de dilapidations des deniers administrent la preuve qu’il faut absolument arrêter les frais. N’est-il pas clair que nous avons ici une illustration claire de ce que le slogan électoral d’ATT le Mali qui gagne est un mensonge flagrant ? »

Au Mali, la cession de Transrail a jeté dans la rue 618 travailleurs et détruit l’économie des villages et des régions entiers avec la fermeture de 26 gares et arrêts pour n’exploiter que 10 sur les 36 du territoire malien. Les acquis sociaux des travailleurs (permis de circulation, rentes viagères, gratuité des soins médicaux) ont été déclarés caducs et foulés aux pieds.

« C’est ATT qui a révélé le 23 septembre 2003 aux représentants des cheminots maliens et sénégalais sa démission complète pour avoir dit, à Abdoulaye Wade, président du Sénégal : Vous êtes l’aîné, vous décidez pour le Mali. Nous exécutons. Et ce qui s’exécuta fut un contrat de concession dans lequel le Mali et le Sénégal, se pliant aux exigences de la Banque mondiale contre les intérêts de leurs populations, ont bradé le chemin de fer dans les pires conditions » , a indiqué M. Tabouré.

Le Cocidirail, qui animera dans les jours à venir une caravane de solidarité dans les localités le long des rails, entend commémorer de façon grandiose en octobre prochain le 60e anniversaire de la grève des cheminots de 1947. Il a en outre sollicité la réintégration à Transrail de Dr. Tiécoura Traoré, licencié le 11 septembre 2004 alors qu’il était le secrétaire administratif du syndicat des travailleurs du rail (Sytrail).

Mohamed Daou

06 septembre 2007.