Partager

La privatisation de la Société des télécommunications du Mali (SOTELMA) était prévisible dans la mesure où la situation dans laquelle le Mali se trouve est la conséquence logique et inévitable des politiques menées pendant les deux mandants des gouvernements successifs du président Alpha Oumar Konaré.

L’élection de Amadou Toumani Touré n’y change rien car il parachève l’œuvre de privatisation du patrimoine national. Toutes les sociétés étatiques restantes sont privatisées.

A Bamako, il n’y a plus d’entreprises d’Etat. Trente cinq sociétés d’Etat sont déjà passées par le chemin conduisant à leur privatisation voire liquidation.

C’est la loi n° 41 du 22 Février 1994 qui a fixé les principes fondamentaux de la privatisation des entreprises. Elle a commencé par la SONATAM qui connaissait les mêmes problèmes de trésorerie que la Sotelma. Malgré les bonnes intentions des auditeurs, les autorités du pays ont privatisé la SONATAM.

Le gouvernement du président Konaré a décidé l’ouverture du capital de la SONATAM en 1994. EPIC, crée en 1968 avec l’aide de la Chine populaire, la SONATAM comptait 835 travailleurs, avec un capital social de 1.748.000.000 F CFA entièrement détenu par l’Etat malien. Son chiffre d’affaires annuel était de 12 milliards.

Les audits commandités par le gouvernement de la transition aboutirent tous à la même conclusion : dans son état actuel, l’usine est capable de dégager une relative rentabilité. Elle a été cédée en 1994 à BOLLORE.

La Sotelma, opérateur historique des télécommunications du Mali, créée par ordonnance n°89-82P-RM du 9 Octobre 1989 et ratifié par la loi n°90-018/AN-RM du 27 Février 1990 est une société d’Etat dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière avec un capital de 8,972 milliards de F CFA.

Le réseau cellulaire de type GSM 900 de la Sotelma est géré par sa succursale Malitel. Malitel, premier réseau de la téléphonie mobile à la norme GSM du Mali, a été crée en 2000 par l’opérateur historique des télécommunications, Sotelma.

Il a signé un accord de partenariat avec le groupe Allemand de SIEMENS NV-SA et a lourdement investi dans la construction d’un réseau de classe mondiale.

La privatisation de l’EDM, de la Régie des chemins de fer du Mali, de l’HUICOMA a été mal faite. Pour la Sotelma, cela parait paradoxal que le syndicat soit d’accord pour la privatisation.

La réalité est qu’il y a concurrence. Le premier malaise dans ce secteur est qu’on a d’abord libéralisé le secteur avant d’accepter de privatiser l’opérateur historique. Dans le secteur des télécoms normalement partout où il y a eu la privatisation, on privatise d’abord l’opérateur historique avec une période d’exclusivité d’environ cinq (5) ans voire plus dans certains pays.

Après la privatisation il y a la libéralisation. Mais le Mali est parti à la libéralisation avant la privatisation, toute chose qui a affaibli la Sotelma alors qu’elle emploie plus de 1600 agents. C’est la libéralisation qui intéressait nos autorités et non la privatisation.

Dans un premier temps, pour bien l’affaiblir et la vendre au premier acquéreur qui se présentera. Est-ce Siemens? La ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, qui a hérité de ce dossier brûlant de privatisation de la structure, nous édifiera dans les prochains jours, l’avis d’appel d’offres est déjà lancé.

Amy Sanogo

23 Juin 2008