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Dans les jours à venir, le gouvernement devra faire connaître sa position sur l’offre de vente de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma). Mais, tout porte à croire, de sources proches du dossier que l’offre pourrait être déclarée infructueuse « à moins d’une décision politique ».

Le Mali s’apprête à céder 51 % du capital de la Sotelma à un repreneur stratégique et 10 % aux travailleurs de la société. Dans le starting-block, des investisseurs potentiels comme Maroc Télécom, MTN, Sudatel Zain Télécommunication, Deutsch Télécom, Vodafone, Portugal Télécom, Saoudia Télécom, Alwal Télécom, Tunisie Télécom, etc. L’Etat avait comme conseil pour la privatisation, le cabinet Gide Loyrette Nouel, Linkstone capital, ICEA et Ernst & Young. La date butoir que l’Etat avait fixée était le 31 décembre 2008.

Cependant, à ce jour, l’Etat ne s’est pas décidé à qui céder l’entreprise. « Si tout se passe comme prévu, l’Etat devrait déclarer infructueuse l’offre ». En effet, selon les argumentaires de notre interlocuteur, l’Etat attendait 200 milliards de F CFA. « Celui qui a proposé une somme proche de ce montant à 35 milliards F CFA en deçà ». « Or, poursuit-il, contrairement à d’autres structures, pour la Sotelma, c’est l’Etat malien lui-même qui a pris en charge le plan social, avec un dégraissage de plus de 600 agents incités à partir à la retraite ».

Pour le moment, c’est la déception du côté des autorités chargées de la cession. « Dans le classement, Maroc Télécom, qui fait la plus grande offre financière, vient en deuxième ou troisième position dans le classement général. Mais, dans tous les cas, c’est le gouvernement qui sera appelé à trancher ».

Dix-huit entreprises étaient dans la course pour la reprise de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma). Maroc Télécom apparaît dans la course avec de sérieux atouts. Après la Mauritanie, le Burkina Faso et le Gabon, le groupe marocain serait à même de prouver son savoir-faire au Mali.

La Sotelma a un chiffre d’affaires dépassant les 70 milliards de F CFA. Elle revendique un total bilan de l’ordre de 176 milliards de F CFA.

Le cahier de charge du repreneur, qui reprend la Politique sectorielle des télécommunications a fixé les objectifs suivants :

– Accroître l’offre de services téléphoniques et faciliter l’accès aux services de télécommunications au plus grand nombre d’usagers en particulier en zone rurale ;

– Offrir des services variés et de bonne qualité à des prix concurrentiels qui soient plus orientés vers les coûts réels ;

– Augmenter les investissements productifs privés, nationaux et internationaux dans le secteur des télécommunications ;

– Améliorer l’utilisation des ressources limitées (les fréquences) ;

– Construire un réseau national de télécommunications fiable et connecté aux autoroutes de l’information ;

– Promouvoir les télécommunications comme secteur économique essentiel à l’essor d’une économie compétitive, ouverte au monde et où le secteur des services représente une part importante du PIB ;

– Assurer le développement des ressources humaines dans le secteur des télécommunications ;

– Promouvoir la création de nouveaux emplois ;

– Promouvoir le développement de nouvelles technologies.

Wait and see !


Alexis Kalambry

21 Janvier 2009