Partager

Selon l’agenda du gouvernement, la privatisation effective de l’opérateur historique de téléphonie du Mali, Sotelma-Malitel, est attendue en fin 2008. Ce processus est accepté par les travailleurs. Ceux-ci, cependant, exigent la mise en place d’un plan social digne de ce nom. Cette requête a filtré de la rencontre tripartite entre la direction générale de la société, le Syndicat des télécommunications (Syntel) et l’UNTM qui s’est déroulée hier dans l’enceinte de la Direction de l’entreprise sise à l’hippodrome.

De nos jours, les travailleurs de la Sotelma-Malitel ne dorment que d’un œil. Du PDG au planton, ils sont préoccupés par la privatisation annoncée pour fin 2008 de leur entreprise. Le mardi 26 février restera gravé dans les annales de l’histoire de la Sotelma. Car Siaka Diakité, Secrétaire général de l’UNTM et sa délégation ont été accueillis ce jour-là par la Direction de la Sotelma et le Syndicat des travailleurs de la société.

La rencontre qui s’est déroulée dans la cour de la direction de la société avait pour objectif de créer un cadre d’échanges entre les différentes parties pour diagnostiquer les préoccupations des travailleurs de l’entreprise à la veille de la privatisation afin d’élaborer des stratégies pour mieux sauvegarder les intérêts de ceux qui seront compressés et aussi garantir un avenir meilleur à ceux qui vont rester dans la boîte.

La cérémonie a été riche en interventions. Le PDG de la Sotelma-Malitel, Lassana N’Diaye, qui a donné le ton, a affirmé que la préoccupation majeure de la Direction générale reste et demeure, à ce jour, une privatisation réussie, autrement dit, une privatisation dans l’intérêt de l’Etat et de celui des travailleurs.

« La réussite de ce processus nécessaire et indispensable passe par l’implication de tous. Chacun en ce qui le concerne devra jouer sa partition » a-t-il déclaré.

Youssouf Sangaré, Secrétaire général du Syntel, de son côté, d’affirmer: « Nous profitons de cette tribune pour dire à l’administration qu’elle ne doit pas être une force d’écrasement et d’accaparement du patrimoine social, car une quelconque caporalisation du syndicat ne marchera pas« .

Par ailleurs, M. Sangaré n’a pas manqué de saisir l’occasion pour inviter l’UNTM à s’impliquer pour la mise en place d’un plan social digne de ce nom. Qui protégera et les travailleurs qui seront compressés et ceux qui resteront après la privatisation. L’orateur a également demandé à l’UNTM pour que soient retirés à Orange Mali le segment de l’international et celui des données.

Le Secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, a, pour sa part, appelé la Direction générale, le Syndicat et les travailleurs à l’unité.

Selon lui, l’heure n’est pas aux critiques inutiles mais à la compréhension totale. « Le Bureau exécutif national prend acte des revendications posées et prendra des dispositions pour les satisfaire. Pour le moment, il faut rester unis et échanger. C’est à ce prix que nous pouvons tirer notre épingle du jeu. Nous vous promettons que la privatisation de la Sotelma va être une réussite« .

Le clou de la rencontre a été l’intervention des travailleurs qui ont évoqué certains problèmes internes à la société et les difficultés que l’entreprise traverse.

Bakary Camara, directeur commercial de déclarer : « Aujourd’hui, l’ambassade de France a résilié toutes les lignes fixes de la Sotelma qu’elle possédait. Elle a viré sur Orange Mali parce que cette société appartient au Groupe France Télécom« .

Mme Kéïta Fanta Ba d’affirmer, de son côté: « Nous ne pouvons rien contre cette privatisation. L’Etat est le premier responsable. Il aurait dû privatiser la Sotelma-Malitel avant d’ouvrir le secteur des télécoms à la concurrence« .

Abdoul Karim KONE

27 Février 2008.