Partager


Le processus de privatisation de la filière coton a commencé depuis 2001. Jusqu’à ce jour, il n’est pas effectif. Le RPM, qui s’est informé sur le sujet, à travers un atelier qu’il a organisé la semaine dernière, vient d’organiser un point de presse à l’intention des hommes de média en vue de faire part à l’opinion publique nationale et internationale de sa position.

Le conférencier, le Secrétaire politique national, Nancouma Kéïta, a déclaré haut et fort que « le RPM n’est pas contre la privatisation de la filière coton, mais qu’il n’est pas d’accord avec la démarche qui est celle de la filialisation« . La cérémonie s’est déroulée, hier mercredi 14 mai, à l’Hôtel Laïco (Ex-Kempinski).

Aujourd’hui, s’il y a une préoccupation majeure qui coupe le sommeil au gouvernement malien c’est, probablement, la privatisation de la filière coton. Laquelle, commencée depuis l’an 2001, attend toujours son épilogue. Nombreux sont les Maliens qui s’interrogent sur les raisons de cette lenteur.

Beaucoup d’entre en déduisent que l’Etat a des problèmes. Pour ne pas tomber dans la déduction, le parti des tisserands a organisé, il y a une semaine, un atelier pour former et familiariser ses cadres avec les politiques de privatisation à travers une analyse approfondie du cas de la CMDT.

Les résultats de ces travaux ont été portés à l’attention des hommes de medias par le bureau politique national du parti, lors du point de presse qu’il a organisé, hier, à l’Hôtel Laïco.

La rencontre était présidée par la première vice-présidente du RPM, Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye. Son Secrétaire politique, non moins l’ex-ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Nancouma Kéïta, a animé la conférence devant un parterre de journalistes et une masse compacte de militants et de sympathisants du parti.

D’entrée de jeu, Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye a fait une déclaration liminaire. Dans laquelle elle a rappelé la mission de la CMDT qui ne consiste pas seulement à vendre le coton mais à promouvoir le développement du monde rural. Malgré les difficultés que la compagnie subit, aujourd’hui, la privatisation est-elle la solution ?

Cette interrogation, posée par la vice-présidente, a favorisé l’entrée dans le débat du conférencier, Nancouma Kéïta. Celui-ci, après avoir fait l’état des lieux de la CMDT, a présenté le schéma de privatisation, avant de s’en prendre au schéma de privatisation qu’il a jugé inadéquat avec les réalités maliennes.

Selon lui, cette filialisation prend non pas la forme d’une scission-liquidation, mais d’une scission avec apport partie d’actifs.  » La CMDT va, pendant un temps au moins, survivre à la création des filiales tout à la fois en tant que société-mère à 100% de ces dernières et en tant qu’opérateur d’un certain nombre de fonctions de la filière, tels que les approvisionnements en intrants coton et en biens et fournitures pour les filiales, le classement du coton graine et de la fibre et la commercialisation de la fibre et de la graine » a déclaré le conférencier.

Le Secrétaire politique national du RPM a présenté le schéma opérationnel de privatisation de la CMDT adopté par le gouvernement. Celui-ci prévoit la création dans la zone cotonnière de quatre filiales.

Il s’agit de la filiale Nord-Est constituée par les actuelles régions CMDT de Koutiala et San, la filiale Sud constituée par les actuelles régions CMDT de Bougouni et Sikasso, la filiale Centre constituée par l’actuelle région CMDT de Fana et la Zone OHVN et la filiale Ouest constituée par l’actuelle région CMDT de Kita.

« Le processus de privatisation au Mali se déroule en entretenant une certaine confusion entre les termes : libéralisme économique, libéralisation, privatisation, restructuration, concession et cession » a-t-il laissé entendre.

Par ailleurs, le conférencier de dénoncer la gestion laxiste et euphorique de la CMDT, le contexte national et sous-régional sans vision, ni original, le contexte mondial sans état d’âme.

Face à cette situation, le RPM propose une batterie de mesures. Il s’agit, entre autres, du respect des indicateurs économiques, implication des producteurs dans la fixation des prix du coton, l’identification des responsabilités et la lutte contre l’impunité.

Au terme de son argumentaire, Nancouma Kéïta de déclarer : « Au RPM, nous ne sommes pas contre la privatisation. Mais nous voulons une privatisation qui prend en compte les intérêts du peuple malien. Nous demandons à l’Etat de prendre des mesures pour rendre le processus plus dynamique ».

A rappeler que la CMDT traverse, depuis 1999, une crise sans précédent de son histoire, liée principalement à la mauvaise gestion, à la crise de confiance entre principalement les producteurs et l’encadrement, aux fluctuations des cours mondiaux du coton, aux subventions agricoles américaines, européennes et chinoises.


Abdoul Karim KONE

15 Mai 2008