Partager

Rien ne va plus entre les cotonculteurs du Mali et le Ministère de l’Agriculture. La pomme de discorde porte sur la privatisation annoncée de la compagnie Malienne de Développement des Textiles (CMDT).

La privatisation de la CMDT si elle se réalisait fragilisera les paysans. Nous sommes prêts à mourir que de continuer à cultiver du coton. Nous conseillons aux paysans d’être unis pour mener ensemble le combat. Nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures pour contraindre le gouvernement à abandonner le projet de cette privatisation”. C’est par ces termes que le président du collectif des producteurs agricoles du Mali et des syndicats de producteurs de coton, Djanguina Tounkara, a introduit la conférence de presse qu’il animait samedi dernier à la Maison de la presse du Mali.

A en croire M. Tounkara, les cotonculteurs sont sur pied de guerre. “Nous ne pouvons pas continuer à accepter que le gouvernement malien nous traîne dans la boue. Avant hier, c’était Kita, Koulikoro avec leurs huileries ; hier, c’était Niono ; aujour-d’hui, c’est le tour de la zone CMDT. Nous ne pouvons pas laisser faire”, a martelé Djanguina Toun-kara.

Le collectif des producteurs agricoles du Mali et des syndicats de producteurs de coton a affirmé qu’il a la force pour mobiliser tous les producteurs afin qu’ils ne produisent pas le coton.

Allant même plus loin, Diakariyaou Diawara, secrétaire général de la section syndicale de la CMDT, a ajouté que les cotonculteurs, au cas où toutes les mesures seront épuisées, feront recours à la rue. “Notre position est claire et nette : nous ne voulons pas entendre parler de la privatisation de la CMDT. Nous sommes prêts à engager un bras de fer avec l’Etat malien. S’il venait à s’entêter et à privatiser cette compagnie, mettant ainsi en chômage et en difficultés agriculteurs et employés de la CMDT, nous ferons recours au Tribunal Inter-national afin que justice soit faite”, a-t-il ajouté.

Pour ainsi dire, le torchon qui brûle entre les cotonculteurs du Mali et le ministère de l’Agriculture, n’est pas prêt à s’éteindre.

Autrement dit, le gouvernement que dirige actuellement Modibo Sidibo a du pain sur la planche.

Bruno Loma

26 Février 2008.