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La Section syndicale filière-coton de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT) a organisé samedi dernier à son siège au Quartier du fleuve un point de presse. Objectif : faire partager à l’opinion le bien-fondé de la grève de 48 h allant du mardi 20 au jeudi 22 mars 2007.

La pomme de discorde entre la Section syndicale filière-coton de la CMDT et le gouvernement concerne la non implication des travailleurs dans les étapes du processus de privatisation de la CMDT, conformément au principe du dialogue social, en particulier leur absence dans le comité technique de suivi des diligences à accomplir dans le cadre du processus filialisation-privatisation de la CMDT mis en place en novembre 2004, la non formalisation de ce plan avant la filialisation.

« Voilà les raisons pour lesquelles nous avons déposé un préavis de grève de 48 h sur la table du gouvernement depuis le 2 mars et qui expire le 16 mars. Si les dispositions ne sont pas prises pour la satisfaction de nos revendications, nous allons observer la grève à partir du mardi 20 mars jusqu’au jeudi 22« , a indiqué Zakariayou Diawara, secrétaire général de la Section syndical filière-coton.

Selon les conférenciers, depuis plusieurs années, la chute drastique des cours du coton sur le marché mondial, les subventions américaines, européennes et chinoises, ainsi que la parité euro/dollar ont entraîné, pour la CMDT, l’incapacité de faire face à toutes ses obligations.

Cette situation, aux dires du secrétaire général a amené les partenaires techniques et financiers à obliger l’Etat, malgré la place stratégique de la CMDT dans l’économie du Mali, à décider de sa privatisation.

Le gouvernement du Mali a opté pour la solution de la filialisation. A en croire les conférenciers, cette privatisation consistera à diviser la zone cotonnière en quatre parties dans lesquelles seront créées quatre filiales autonomes, dont le capital sera détenu à 100 % par la CMDT. Face à cette situation que les travailleurs jugent défavorable, ils exigent leur représentation par 5 délégués au moins dans le comité technique de suivi.

A les en croire, afin de donner à la privatisation de la CMDT toutes les chances de réussite, il faudra nécessairement rationaliser les effectifs de filiales en donnant à tous les travailleurs qui le désirent la latitude de partir par le plan social de 2003 de la CMDT. Aussi demandent-ils pour lever toutes les ambiguïtés au sujet du plan social et de son mode de financement d’une part et de rassurer les travailleurs d’autre part, que le gouvernement notifie par écrit que ce plan sera financé par l’Etat.

« Nous demandons que le plan social soit appliqué avant la filialisation de la CMDT, avec la forte implication des travailleurs à travers la section syndicale filière coton. Au gouvernement de fixer la date d’application« , ont-ils fait valoir.

Pour Mamadou Sissoko, secrétaire administratif, la Section syndicale ne peut accepter que l’avenir de ses travailleurs soit sacrifié et compromis pour des raisons de privatisation de la CMDT. « Il revient à l’Etat de prendre toutes ses responsabilités pour la résolution de ces différents points de revendication, garante de la paix sociale« , a-t-il ajouté.

Idrissa Sako

19 mars 2007.