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Déclaration de SADI


Le PDES en marche engage la liquidation de notre agriculture avec la privatisation de la CMDT et l’introduction des OGM au Mali

L’assemblée Nationale du Mali au cours de sa session extraordinaire qui s’est ouverte ce lundi 14 Juillet 2008 va se prononcer sur le projet de privatisation de la CMDT (Compagnie malienne de développement des Textiles) et le projet de loi sur la biosécurité au Mali.

Le Parti SADI, comme en 2002 à l’Assemblée Nationale, ou encore lors de ses déclarations publiques, s’est toujours opposé au processus de privatisation et de bradage des secteurs stratégiques et vitaux de notre économie nationale (Chemins de Fer, Eau et électricité, Transport, Télécommunications…) engagé depuis plus d’une dizaine d’années dans notre pays.

Ces privatisations massives, largement inspirées par les Institutions Financières Internationales (FMI et Banque Mondiale) ont plongé notre pays dans une profonde crise économique et sociale, laquelle s’est traduite par les licenciements massifs, l’accentuation de la pauvreté et du chômage, la déstructuration et la déréglementation de notre économie nationale désormais sous le contrôle des forces du marché et d’une bourgeoisie rentière d’Etat.

En lieu et place d’une vision politique nouvelle qui place l’Etat au cœur d’un processus de récupération de ses prérogatives de concepteur et de maitre-d’œuvre des programmes de développement économique et social, le Gouvernement du Président Amadou Toumani Touré a décidé de poursuivre la liquidation de ce qui reste de nos derniers secteurs vitaux dont la CMDT et bientôt l’Office du Niger aux centaines d’hectares allègrement donnés à tour de bras sans consultation aucune par le Président Amadou Toumani Touré.

Sur le plan politique, l’option réaffirmée de l’Etat d’aboutir à une filialisation de la CMDT à travers le démantèlement dans sa forme intégrée, confirme la nature antinationale du Programme de Développement Economique et social du Président Amadou Toumani Touré distillé à renfort de publicité dans les medias d’Etat et sur les voies publiques.

La liquidation de la CMDT est une politique de démission qui ne défend pas les intérêts ni de notre pays et encore moins de son agriculture et des paysans dans les zones spécialisées dans la production de l’or blanc.
L’Etat a délibérément fermé les yeux sur les indélicatesses avérées de gestion :

Des Directions successives.

De la structure chargée de la vente du coton sur le marché international.

Des banques dans la rémunération toujours tardive des producteurs.

Des décisions politiques prises au sommet de l’Etat ont permis la ruine progressive de la société.

Sur le plan économique, la filière coton a largement contribué au développement et à la modernisation de l’agriculture et de l’élevage au Mali avec un chiffre d’affaires de 200 milliards de FCFA à travers l’encadrement et la formation permanente de plus de 6 345 villages et hameaux,

175 000 exploitations, le développement des infrastructures et des équipements collectifs, l’amélioration de l’approvisionnement des populations en eau potable avec l’hydraulique villageoise, la mobilisation de l’épargne et la redistribution des revenus, la diversification de la production agricole et plus de 5000 emplois dans les zones couvertes par la CMDT.

C’est aussi les programmes de lutte contre l’analphabétisme, l’exode rural et l’émigration vers l’Europe.

La CMDT a effectivement permis aux paysans la maîtrise de la langue nationale bamanan sur le plan de l’écriture et de la comptabilité les rendant entièrement autonomes dans la gestion de leurs affaires. C’est un pas de géant qui a été accompli dans l’organisation de notre économie.

Cet exemple, ATT, le PDES et leurs amis politiques ont décidé de le détruire en ouvrant des pans entiers de notre agriculture aux multinationales qui n’ont d’autres soucis que le profit. Immédiat.

Le Gouvernement a pris prétexte de la « mauvaise gestion » et ignoré superbement sa responsabilité politique dans cette gestion pour privatiser la Compagnie. Aucune action crédible n’a été engagée contre les auteurs de cette mauvaise gestion afin de récupérer les sommes détournées ! Or, il suffirait de 100 milliards de FCFA pour résoudre les difficultés de la CMDT!

Sur le plan social, c’est l’annonce programmée de nouveaux licenciements et les plus grosses inquiétudes pour les 3 millions de personnes qui vivent grâce aux différentes activités de la CMDT. Après la liquidation de HUICOMA et celle à venir de la CMDT que va devenir la région de Sikasso, mais aussi la région de Koulikoro ?

Concernant le projet de loi de biosécurité, il confirme l’objectif visé par le Gouvernement à savoir parachever la destruction programmée de l’agriculture familiale et la sujétion aux multinationales de l’agro-business et aux firmes transgéniques de nos cultures agricoles.

Le projet de loi soumis à l’examen de l’Assemblée Nationale a été élaboré en contrebande par une poignée de chercheurs et d’éléments de la société civile, ainsi que des cadres des Ministères tous acquis aux firmes Monsanto, Syngeta et à l’USAID pour favoriser l’introduction, la manipulation et la dissémination des plants génétiquement modifiés.

Aucune consultation digne de ce nom n’a été menée.

Le processus d’élaboration du projet de loi n’a pas respecté les Conventions Internationales que le Mali a signées. Il s’agit notamment de la Convention sur la diversité biologique et du Protocole de Cartagena qui exigent des consultations populaires pour élaborer des textes nationaux.

Au Mali, le plébiscite quotidien des organisations paysannes contre l’introduction des OGM dans notre pays a été ignoré. Le vote de la loi de biosécurité par l’Assemblée Nationale va imposer à nos paysans l’achat obligatoire des semences brevetés dont nul ne sait encore aujourd’hui les conséquences sur les êtres humains et les sols.

Où nos paysans pourront tirer les ressources financières nécessaires à l’achat de semences et des engrais correspondants ?

C’est une folie et un abandon très grave de la souveraineté nationale. Parce que désormais les grandes puissances vont avoir à portée de main l’arme alimentaire pour mieux nous assujettir.

Le Parti SADI :

Concernant la privatisation de la CMDT réaffirme:

– Son rejet de la privatisation de la CMDT ainsi que le démantèlement de la filière intégrée.

– La récupération de la CMDT par l’Etat malien et un soutien accru au secteur du coton à travers une juste rémunération du prix au producteur et au sous-secteur des intrants.

– La récupération des sommes détournées et la mise en place d’un dispositif de contrôle de la gestion.

– La mise en place d’une politique de diversification agricole, de développement d’autres filières pour sortir de la monoculture.

Le Parti SADI

Concernant le projet de loi de biosécurité :

– Dénonce sans réserve le projet de loi de biosécurité et demande son retrait du processus de vote à la session extraordinaire en cours.

– Demande que les nombreuses recherches de nos cadres de l’agriculture soient connues et divulguées dans le domaine des semences. Il y’a d’autres alternatives plus importantes que les OGM.

Le Parti SADI tient à exprimer à l’opinion nationale et à toutes les forces démocratiques de notre pays qu’il ne votera ni la privatisation de la CMDT, ni le projet de loi de biosécurité qui ouvrira la voie à la destruction de notre agriculture à travers l’introduction des OGM.

Bamako le 16 Juillet 2008
Pour le Bureau National

Le Secrétaire à la Communication
Nouhoum Keita

18 Juillet 2008